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Le devoir d'un vainqueur

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 Les monts funéraires de Yiling n'étaient pas exactement devenus une excursion pour touriste mais il y avait à présent bien plus de gens intéressés par l'idée de s'y rendre et de marcher sur les pas du Patriarche Wei WuXian, celui qui avait trompé la mort et rétabli son honneur et qui maintenant protégeait la veuve et l'orphelin à travers le monde. Des cultivateurs, des curieux, des gens donc, qui montaient les sentiers ardus jusqu'à la grotte, des marchands qui s'installaient, futés à des détours importants pour vendre rafraichissements et nourriture.

Trop de gens pour ce que Wei WuXian avait prévu.

Lan Wangji avait le visage impassible mais son mari le connaissait depuis assez longtemps et assez bien pour savoir qu'il se moquait de lui même si tout ce qui échappait de ses lèvres était un simple : "Hm"

— Pourquoi est-ce qu'ils sont là ? Ils n'ont rien d'autre à faire que d'envahir les territoires des autres ? Qu'est-ce qu'il y a à voir ici, de toute façon ?

La moue qui plissait les lèvres de Wei WuXian était adorable, enfin c'était ce que semblaient dire les yeux de son époux qui ne la quittaient pas.

— Je dzevrais te déguiser en Général Fantôme et jouer de la flûte et on verra s'ils seront toujours aussi amusés par leur promenade touristique, grommela-t-il.

Lan Wanji ne répondit pas à cette stupide idée et commença à descendre le chemin qui ramenait vers la ville, sûr que son aimé le suivrait.

— Et moi qui était si content de cette idée. Pourquoi est-ce qu'il y a tous ces gens, Lan Zhan ? Tu crois que si on leur dit pourquoi on a besoin qu'ils partent ils le feront ?

Lan Wangji garda un oeil prudent sur son mari mais il semblerait que c'était plus des plaintes qu'un véritable plan d'action et heureusement parce qu'il vivait chaque jour avec l'inconfort de savoir que beaucoup trop de gens entendaient parler de ce qui se passait entre leurs draps, mais il n'avait pas besoin que celui qui ne connaissait pas la honte aille chasser les badaux des monts funéraires juste pour qu'ils fassent la bête à deux dos.

— J'avais tout prévu et tellement bien ! D'abord un duel au milieu de la forêt, puis la course-poursuite, désespérée, puis tu m'attrapes à l'entrée de la cave et tu me jettes sur la paillasse et tu outrages ma vertu malgré tous mes cris offensés, poussé par l'euphorie de la victoire et ton désir de conquête !

Lan Wangji avait appris à ne pas montrer ses émotions, seules ses oreilles étaient donc rouges de gêne en entendant ce que disait, bien trop fort, son époux.

— Allons ailleurs, dit-il alors qu'ils arrivaient en vue des portes de la ville.

— Oh, Lan Zhan, tu es si coquin !

***

— Non, non, non, Hanguan-Jun, vous ne pouvez pas !

Les cris résonnaient à travers la porte mal fermée de la minuscule hutte abandonnée qu'ils avaient envahie.

— Hm.

— Vous avez gagné, Hanguan-Jun, je me rends, pitié, laissez-moi partir !

Les mains blanches et pures comme le jade avaient défait ses ceintures et s'attaquaient à son pantalon alors que le Patriarche Yiling se débattait avec terreur et cris.

— Que faites-vous, Hanguan-Jun ! Pourquoi vos mains sont-elles si chaudes ? Pourquoi me touchent-elles ainsi ? Mon... mon pantalon... Nooooooooooooooooooooooooooooooooon !

Le cri s'envola vers le ciel tandis que l'homme essayait, vainement de se retirer, de fermer les cuisses maintenues ouvertes par un corps plus puissant, plus grand, plus lourd.

Le ruban doux coulait sur son front mais le Patriarche le repoussa, tout comme il refusait la caresse soyeuse de ces cheveux longs sur ses épaules honteusement dénudées à présent, tout comme il refusait de se soumettre au plaisir de cette langue posée sans honte sur sa poitrine, faisant durcir un téton jusque lors innocemment au repos.

— Pourquoi faites-vous ça, Hanguan-Jun ? Je vous ai toujours cru un gentilhomme et pourtant voilà comment vous traitez vos enne... aaaaaaaaaah !

Une main s'était saisie de son membre viril et le malmenait mais cette violence-là était pire que tout parce qu'elle... elle...

— Arrêtez, je vous en prie, Hanguan-Jun !

Il y avait des larmes de honte qui perlaient au coin de ses yeux alors qu'il oscillait entre peur, douleur et plaisir.

— Non.

La voix basse, prédatrice, de celui que tout le monde de la cultivation admirait fit trembler son corps et un instant, il oublia de resserrer ses cuisses et sentit le corps presser encore plus contre lui et le... le...

Il essaya de le repousser, de toutes ses forces, il tenta de le faire lâcher prise, mais l'implacable maître de Bichen se contenta de prendre ses deux poignets dans une seule main et de les maintenir contre la paillasse sur laquelle le patriarche avait été jeté après cette bataille perdue.

— Hanguan-Jun, vous ne pouvez pas faire ça ! Je vous en prie ! Vos êtes un gentilhomme, Hanguan-Jun !

Mais l'homme l'écoutait pas et son sabre de chair, trop gros, trop chaud pressait déjà contre son entrée.

— Hanguan-Jun ! Par pitié ! Je... Je n'ai jamais... Je vous en prie...

Les larmes coulaient de ses joues.

— Soyez doux... murmura-t-il, laissant sa tête tomber sur le côté pour cacher comme il le pouvait la rougeur qui montait sur ses joues.

Les yeux dévorants de désir étaient fixés sur lui et ce regard brûlant le fit frémir alors que le membre viril s'introduisait en lui, d'un seul coup, comme retournant dans son fourreau.

Le patriarche n'étouffa pas ses cris, étrangement de plaisir plus que de douleur, mais de honte aussi alors que le vainqueur de leur duel le dominait et le maintenait à terre, par sa poigne et par son...

— Pourquoi faites-vous ça ? demanda-t-il, d'une voix tremblante alors que l'autre homme ne bougeait toujours pas, lui laissant une éternité pour s'habituer à ces sensations qu'il n'aurait jamais dû connaître.

Le visage de marbre d'Hanguan-Jun s'approcha du sien et son traître cœur se demanda s'il allait l'embrasser.

— Parce que tu es à moi, déclara la voix grave et sérieuse du Jade de Gusu alors qu'il se mettait enfin à bouger en des mouvements profonds et longs qui lui volaient le souffle et le faisaient gémir.

Il essayait de protester. Il essayait de se débattre mais les coups de butoir de ces hanches puissantes ne cédaient pas, pas plus que la main qui retenait ses poignets.

— Aaaaaaaah... Non... Laissez-moi... Noooooooon... Arrêtez...

Son corps était brûlant d'une fièvre qui ne cessait de croitre et de s'exacerber, honteusement, dans son bas-ventre et chaque nouveau mouvement du sabre de chair en lui ne faisait qu'attiser les flammes.

— Jamais ! répondit Hanguan-Jun, ponctuant le mot d'une poussée qui frotta plus profondément encore, frappant quelque chose en lui qui le fit soudain hurler et s'arquer.

— Qu'est-ce que... Que faites-vous ?

Les yeux affamés le clouaient au sol alors que la main libre soulevait ses hanches pour lui permettre de plonger plus profondément et en continuant à toucher ce point honteux, caché en lui.

— Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah !

Il aurait voulu s'accrocher, cacher son visage et ce plaisir coupable contre le torse large, mais les mains le maintenaient toujours et le regard de Hanguan-Jun ne perdait rien de son humiliation.

— Ne me... ne me regardez pas...

Les cheveux soyeux tombèrent sur son visage comme un rideau bienvenu et pendant quelques instants il sanglota d'un soulagement qui se mélangeait au plaisir, essayant d'oublier le bruit obscène et humide de leurs chairs frappant l'une contre l'autre.

— Je vais te regarder.

La voix était chaude, murmurant contre son oreille et le corps tout entier d'Hanguan-Jun était pressé contre lui, s'il avait pu oublier cette voix impérieuse, il aurait entendu le coeur qui battait follement contre le sien, emballé et désespéré.

— Je vais te regarder t'oublier dans le plaisir.

Il frissonna alors que son corps brûlait déjà , semblant sur le point de fondre.

— Puis je continuerai à te donner du plaisir, au début tu trembleras, tu te diras que c'est trop, mais tu en voudras encore.

— Han... Hanguan-Jun, vous...

Qui aurait pu penser que ce héros entre les cultivateurs serait aussi... aussi... animal et dominateur.

— Et je te regarderai quand tu seras épuisé et à peine capable de gémir encore, ton corps vaincu de plaisir et qu'enfin, je répandrai ma semence en toi.

Il essaya de fermer les yeux, humilié, mais on mordit son oreille, le forçant à regarder.

— Je te regarderai alors que tu la sentiras emplir ton ventre et s'installer en toi.

Il essaya de secouer la tête, de le faire arrêter ces mots humiliants, alors même que les poussées continuaient, plus lentes, mais continuant à frotter cet endroit qui crispait tout son corps.

— Elle sera chaude et abondante et je te forcerai à la garder.

Il n'arrivait plus à parler, humilié par avance, tremblant.

— Je laisserai tes fesses en hauteur pour qu'elle aille plus profond en toi, puis, je plongerai à nouveau en toi, glissant facilement, te remplissant à nouveau, jusqu'à être sûr qu'elle prenne, jusqu'à ce que tu sois plein, lourd d'un enfant de moi.

Les cheveux s'étaient retirés, laissant son visage cramoisi à la vue d'Hanguan-Jun, de ses yeux affamés alors que son corps continuait à l'emplir, à l'utiliser.

— C'est ce que tu veux, non ? demanda le gentilhomme d'une voix douce.

Les larmes coulaient et il tremblait mais il y avait longtemps qu'il ne luttait plus, le vide en lui se faisant chaque fois plus grand, chaque fois plus affamé.

— Oui... Oui...

Il bredouillait, fébrile, alors qu'Hanguan-Jun continuait de le fixer de ses yeux immobiles.

— Oui, remplis-moi, prends-moi, encore et encore jusqu'à ce que je n'en puisse plus, jusqu'à ce que je finisse par ne plus pouvoir bouger sans te sentir en moi... jusqu'à... jusqu'à ce que tu m'imprègnes...

Les dents blanches d'Hanguan-Jun plongèrent dans le cou du patriarche, marquant sa chair alors que leurs semences se répandaient et que le plaisir et le désir effaçaient le monde.

***

— QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE TORCHON !

De majestueuses grues s'envolèrent en s'emmêlant les pattes alors que le cri de rage résonnait dans la nuit, rapidement suivi par des pas lourds et furieux qui menaçaient de briser les planches solides du ponton.

La porte s'ouvrit dans un tonnerre de bruit et le pauvre homme se redressa difficilement sur son matelas, désorienté et dépenaillé.

— Chef de sec...

— ARRÊTE DE FAIRE SEMBLANT ET EXPLIQUE-MOI ÇA !

Nie HuaiSang se redressa contre le mur et regarda, le sourire aux lèvres, le résultat de ses efforts peu subtils et merveilleusement récompensés.

— De quoi parlez-vous, chef de secte Jiang ?

Le feuillet vola droit vers sa tête et Nie HuaiSang l'attrapa avec le calme d'un homme qui avait souvent dû cueillir les dagues au vol.

— Avez-vous tout compte fait regardé mes achats ? Je croyais que vous aviez dit que vous n'aviez plus l'â...

— QU'EST-CE QUE C'EST QUE ÇA ?

Jiang WanYin était maintenant une ombre immense devant son lit et le chef de secte Nie laissa son regard errer sur la tenue plus que dépenaillée qu'il arborait, ses robes lourdes extérieurs oubliées et celle qu'il portait ayant une ceinture de guingois.

Nie HuaiSang posa le feuillet à la couverture plus que sobre devant lui.

— J'ai trouvé ce manuscrit par hasard chez un libraire et ce dernier me l'a recommandé.

Les poings du maître de maison chez qui il avait demandé l'hospitalité pour la nuit avant de pouvoir repartir pour Qinghe, étaient blancs de rage et l'électricité crépitait sur Zidian, illuminant la pièce et faisant monter encore plus la tension dans l'air et dans le corps de l'amateur d'arts.

— Et tu as osé emmener cette chose chez moi ?

La voix criait moins, mais c'était le calme qui était bien plus inquiétant.

Nie HuaiSang leva des yeux clairs et sincères vers l'homme peu vêtu qui se tenait devant son lit.

— Je me posais une question, ces caractères paresseux écrits en cursive, est-ce qu'on ne dirait pas ceux de Wei WuXian ?

Le cri et l'accès de rage qui suivirent firent trembler les fondations de la noble demeure et sourire béatement l'homme qui s'ennuyait trop pour être honnête.