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Ce n’était évidemment pas le problème que la réserve soit le pire endroit qui lui ait jamais donné envie d’aller ailleurs, n’importe où ailleurs. Stiles ne se souciait pas de la disponibilité intermittente de l’eau et de l’électricité, des maisons fournies par le gouvernement qui abritaient tout le monde, de la rareté des emplois et des livraisons gouvernementales de produits de première nécessité. C’était normal ou cela avait été normal presque chaque jour de ses seize années de vie. Il y avait des moments où la nourriture était abondante et des moments où lui et son père étaient forcés de dépendre de la nature des faes à partager, et il n’y avait rien de pire que d’être redevable à un fae, tout le monde le savait. Bien sûr, il était simple pour Stiles et son père d’éviter cela pour des raisons évidentes ; le gouvernement n’aimait pas que quiconque ne doivent quoi que ce soit à quelqu’un, à moins que ce soit à lui.

Ce n’était même pas le nom de la réserve. La plupart de ses pairs se plaignaient bruyamment qu’il était démoralisant d’être de la réserve Toad Suck dans l’Arkansas, mais Stiles ne s’en souciait pas parce que ce n’était pas comme s’il était l’un de ceux qui pourraient même obtenir un visa pour visiter l’Extérieur, donc quiconque à qui il avait jamais été présenté était déjà un membre de la Rez.

Ce n’était même pas que Stiles avait très peu d’amis. Être un metalzauber sur une réserve fae signifiait que la plupart des choses avec lesquelles Stiles voulait jouer rendait malades ses amis amoureux de la nature. Certains avaient même eu de l’urticaire quand ils étaient chez lui. C’était donc sans dire que Stiles n’avait pas une pléthore de compagnons, mais Stiles pouvait se parler et se tenir compagnie bien assez tout seul.

Non, Stiles voulait partir pour le simple fait qu’il y avait un Ailleurs. Il y avait d’autres endroits dans le monde et Stiles voulait les voir, pas seulement regarder des photos et des vidéos de tout cela sur sa tablette. Il y avait un million d’endroits où il voulait aller, un million de choses qu’il voulait voir, entendre, goûter et toucher, et tous étaient séparés par un mur de briques et de pierres de deux mètres pour garder les faes Dedans et surtout, les humains Dehors.

Les humains ne comprenaient vraiment pas les faes, comme le prouvait le fait qu’ils voulaient qu’ils soient enfermés et loin d’eux une fois qu’ils avaient compris que les murs entre leur réalité et Faerie s’étaient brisés il y a quelques milliers d’années (et ça leur avait prit tout ce temps pour le comprendre ; vraiment, Stiles pensait que les humains devaient être stupides juste pour cela). Le père de Stiles avait essayé d’expliquer l’étrange système de valeurs des humains où le papier était valorisé avant tout, surtout si ce papier avait des mots ou des chiffres imprimés dessus. Puis son père s’était lancé dans une conférence sur le Capitalisme, mais Stiles n’y prêtait pas du tout attention à ce moment-là. Il essayait encore de comprendre que le papier était important.

Tout le monde savait que les faes faisaient leurs transactions en faveurs. Le papier ne pouvait pas vous procurer ce que vous vouliez ou ce dont vous aviez besoin, il ne vous apporterait ni amour, ni confiance, ni pouvoir, ni ne vous apprendrait à prendre soin des choses qui vous entouraient, des gens de votre vie ou des éléments qui vous entouraient. Et ça n’avait pas d’importance si Stiles ne comprenait pas ce système de valeurs parce que ce n’était pas comme s’il allait quitter la réserve.

Stiles était assis en classe d’histoire et n’écoutait qu’à moitié, essayant de trouver un moyen de conclure un accord avec le gouvernement pour le laisser aller voir des choses. Ce n’était pas comme si l’histoire était ennuyeuse, c’était génial d’écouter le professeur parler de ce qui s’était passé dans le passé, surtout que pour la plupart, il était là. C’était génial d’avoir un professeur d’histoire de quelques milliers d’années, d’autant plus qu’il l’avait été pour Merlin, plusieurs rois européens et quelques sorcières qui avaient brûlé au bûcher quand les humains avaient eu peur des autres humains possédant la magie.

C’était une autre chose que Stiles ne comprenait pas. Les humains s’entre-tuaient, mais c’était si facile pour eux d’avoir des enfants qu’ils ne devaient pas se valoriser mutuellement. Stiles était le seul fils de ses parents qui avait été marié pendant près de trois cents ans et il était le dernier né de son genre. Les metalzaubers étaient très rares et son père avait dit qu’à part lui et Stiles, il y en avait probablement trois autres sur la planète qui pouvaient contrôler et manipuler le métal comme eux. La plupart d’entre eux avaient été tués dans la grande guerre des dragons il y a plus de mille ans, puisque les dragons étaient vraiment les seules choses qui pouvaient tuer les metalzaubers, de toute façon. Et tout le monde savait qu’il ne restait qu’un dragon sur toute la planète. Eh bien, peut-être pas les humains, mais tous les faes.

« M. Stilinski, » l’appela le professeur.

« Ouais ? » demanda Stiles.

« Monsieur Stilinski, vous ne faites pas attention, n’est-ce pas ? » L’enseignant tapa du pied à quelques reprises, lui donnant un regard rempli de dédain.

« Non monsieur, désolé monsieur, » dit Stiles, honteux. Il aimait vraiment ce professeur.

« Peut-être devriez-vous sortir et vous recentrer ? » demanda l’enseignant. Ce n’était pas comme s’ils avaient une limite de temps pour terminer l’école, donc la fréquentation était au mieux inégale. Stiles était le seul qu’il connaissait à vouloir en finir, parce qu’il voulait Aller Dehors. Tout le monde le savait, bien qu’on se soit moqué de lui. Il y avait ceux qui étaient trop puissants pour quitter la réserve et Stiles était l’un d’entre eux.

« Oui, monsieur, » dit Stiles en enfilant son sweat à capuche rouge. « A demain, » lança-t-il par-dessus son épaule, faisant glousser le reste de la classe qui s’était égaré. Ils étaient tous dans la trentaine et la quarantaine, tous au lycée.

« Détends-toi, Stiles, » dit l’un d’eux après lui. « Tu grandiras dans une centaine d’années. Ne te précipite pas. »

Stiles leur fit un sourire penaud, les saluant en sortant du bâtiment. Il faisait chaud, mais il faisait presque toujours chaud en Arkansas. Stiles avait vu la neige une fois et les géants de glace et les esprits froids avaient savouré le centimètre et demi de blanc qui avait duré quatre heures. Ils s’étaient ensuite assis dans les environs et avaient raconté des histoires sur quand ils étaient libres et qu’ils pouvaient aller dans les endroits du nord et jouer dans une cinquantaine de centimètres de la substance. Stiles trouvait ça fascinant, mais ça ne voulait rien dire parce que Stiles trouvait tout fascinant.

Stiles sortit de l’école et s’arrêta. Assis sous l’arbre, lisant une bande dessinée, il y avait un garçon qui avait l’air d’avoir neuf ou dix ans. Il avait les cheveux roux et les yeux verts en amandes, et quand Stiles quitta le bâtiment, il lui sourit avec un regard qui démentait sa supposée jeunesse.

Les faes ne vieillissaient pas comme les humains et Stiles savait que ce fae particulier était très jeune pour sa race, seulement quelques milliers d’années. Stiles rendit son sourire au dernier des dragons, le seul qui pouvait lui apprendre quelque chose sur le métal que Stiles ne connaissait pas déjà.

« Rupert, » Stiles le salua par le nom qu’il avait choisi pour cette décennie. Les dragons aimaient les noms, bien qu’ils n’aient jamais dit à personne leur vrai nom. Aucun fae ne le partageait avec qui que ce soit, à moins que cette personne soit leur compagnon.

« Bonjour, Stiles, » lui dit le dragon en mettant de côté sa bande dessinée et en se redressant. « Comment vas-tu aujourd’hui ? »

« Distrait, » dit Stiles. « Dumbledore m’a envoyé dehors. »

Rupert rit du surnom que Stiles avait donné à son professeur d’histoire. Il aimait Harry Potter autant que Stiles et son surnom pour lui avait pris le dessus sur le corps étudiant, l’enseignant ne s’en souciait pas parce qu’Harry Potter était très bien passé avec la population fae. C’est aussi de là que Rupert avait obtenu son nom pour la décennie.

« Stiles, toi et moi avons été amis toute ta vie, n’est-ce pas ? » demanda Rupert en faisant glisser ses doigts sur la bande dessinée dans l’herbe à côté de lui.

« Oui, » dit Stiles, assis à côté de lui et dessinant un peu dans la terre rouge sous l’herbe. Il aimait la sensation du fer dans le sol ; cela le calmait et faisait cesser son esprit d’errer.

« Tu veux toujours des histoires sur le monde extérieur, » dit Rupert. Stiles ne répondit pas parce que ce n’était pas une question et il supposait que les dragons aimaient prolonger les choses. Ils vivaient si longtemps, Stiles pensait qu’ils voulaient juste remplir cette période avec des histoires et des poèmes, ce qui ne l’avait jamais vraiment dérangé de toute façon. « Que sais-tu des métamorphes ? »

« Ce sont des humains qui peuvent se transformer en formes animal ? » demanda Stiles.

« Sais-tu en quoi ils sont différents des faes ? » lui demanda le vieux dragon avec le visage d’un garçon illuminé de curiosité.

« Ouais, » dit Stiles. « Les Européens ont tué tous leurs métamorphes, sauf les loups-garous parce que les sorciers humains et les non-vivants les gardaient comme gardes du corps, et les humains n’étaient pas assez puissants pour les combattre lorsqu’ils étaient organisés comme ça. La plupart des autres cultures vénéraient leurs êtres magiques et ils étaient donc laissés libres. Il y a certains métamorphes qui peuvent transformer les autres en êtres comme eux, en particulier les loups-garous européens parce qu’ils ont été si proches des sorciers pendant si longtemps que leur sang contient de la magie. »

« La majeure partie de cette magie a été mise dans leur sang par des sorciers, » rectifia Rupert dans la récitation de l’histoire de Stiles.

Stiles hocha la tête, il ne le savait pas, mais c’était logique.

« Sais-tu ce que les loups-garous pensent des faes ? » lui demanda Rupert.

Stiles secoua la tête. Il ne savait pas ce que quiconque ressentait vraiment à propos des faes, à part qu’ils avaient besoin d’être enfermés pour une raison quelconque. Son accès à internet était accordé sous prétexte qu’il ne pirate pas les pare-feu imposés à la réserve par le gouvernement. Tant de murs, cela faisait sombrer le cœur de Stiles. Il aurait aimé pouvoir jeter un coup d’œil, juste un peu, autour d’eux.

« Les loups-garous ne savent pas vraiment grand-chose sur nous. La plupart des gens ne savent pas grand-chose de nous, » dit Rupert assez rapidement et Stiles fut surpris par la précipitation des mots. Personne ne parlait vite dans la réserve, il n’y avait jamais de raison pour qu’ils fassent quoi que ce soit à la hâte. « La plupart des gens pensent que nous sommes tous les mêmes, que nous détestons le métal, que nous ne les aimons pas et que nous sommes là pour leur voler leur âme. La plupart des gens pensent que nous sommes comme le diable chrétien et que nous voulons voler leurs enfants. Les loups-garous, qui sont claniques les meilleurs jours, ne laisseront jamais un fae près d’eux ou de leurs louveteaux parce qu’ils ont peur que nous volions leurs chiots. Il y a une profonde méfiance à l’égard du fae à l’extérieur des murs de Toad Suck. »

Stiles était choqué. Pourquoi se méfierait-on de lui ? Il était un bon garçon : il mangeait toujours ses légumes et il aidait les autres à chaque fois qu’une de leurs machines tombait en panne, il ne mentait jamais et il ne trichait jamais aux jeux. Il allait même à l’école, comme les humains le faisaient, et il travaillait vraiment dur pour obtenir de bonnes notes sur les tests humains standardisés. Et pourquoi volerait-il des enfants ou des chiots ?

« Les humains aussi se méfient de nous. Ils ont peur de tout ce qui a du pouvoir et Stiles, tu as beaucoup de pouvoir. Tu ne dois jamais faire connaitre à quiconque l’étendue de ta puissance parce que les humains te tueront pour cela. Ils pourraient penser qu’ils peuvent te le voler, mais c’est ton sang qui te rend ainsi. Tu dois le savoir. »

« Pourquoi ? » demanda Stiles. « Pourquoi me dis-tu ces choses horribles ? »

Le dragon se tenait sur ses très courtes jambes, regardant Stiles. Il avait vu la vraie forme du dragon la nuit, quand il volait parmi les étoiles et que les humains dégageaient le ciel pour qu’il étende ses ailes, et une fois le dragon l’avait même emmené voler avec lui. « Tu ne dois jamais dire à aucun être humain ce qui se passe à la réserve, Stiles. S’ils savaient pour tes pairs, s’ils savaient pour moi… ils brûleraient nos maisons. Ils le font chaque fois qu’ils découvrent combien de puissances nous avons, alors ne dis jamais tes secrets à personne. Tu connais l’histoire, tu sais ce qui s’est passé la dernière fois que quelqu’un a dit un secret. »

Stiles hocha la tête, toujours confus. Il savait que dire un secret à la mauvaise personne avait fini par un désastre pour son peuple la dernière fois. C’était un brownie qui avait supplié de ne pas être viré de son poste d’employé dans la maison d’un sénateur, qui avait fait savoir à tout le monde que les faes existaient encore. Il n’avait pas fallu longtemps aux humains, en nombre écrasant, pour rassembler chacun d’entre eux et les placer derrière les murs des trois réserves faes, tout comme ils l’avaient fait pour les loups-garous seulement dix ans avant.

Stiles n’était pas encore né, mais son père lui avait parlé des choses cauchemardesques dont les humains étaient capables. Toad Suck était l’une d’entre elles et c’était là que les plus puissants faes étaient gardés sous surveillance armée, des murs de deux mètres et des sorts que les sorciers humains avaient inventé. Les scientifiques, se rappelait Stiles, les humains ne les appelaient plus des sorciers; on les appelait des scientifiques.

« Tu devrais rentrer chez toi, » dit Rupert, ses yeux verts ne scintillant plus.

« Rupert, » commença à dire Stiles, mais le dragon avait l’air triste.

« Tu as été un camarade de jeu amusant, » dit Rupert en tendant la main et en caressant la joue de Stiles.

« Que se passe-t-il ? » demanda Stiles.

Rupert s’en alla sans répondre et Stiles savait qu’il ne valait mieux pas chasser un dragon, même si son extérieur humain n’avait que neuf ou dix ans.

Il ramassa son sac à dos et commença à rentrer à pied. Il détestait de ne pas pouvoir conduire la vieille Jeep qu’un des soldats juste à l’extérieur du mur lui avait donnée à retaper, mais le métal à proximité de tant de faes les rendait malades, donc Stiles était obligé de la conduire à la périphérie de la réserve. Cependant, il marchait plus vite que d’habitude parce qu’il voulait vraiment savoir ce qui se passait avec Rupert et comme son père était le Shérif de la réserve, il était la meilleure personne à qui s’adresser pour obtenir des renseignements.

Quand Stiles arriva finalement chez lui, un méli-mélo de maison attribuée par le gouvernement et de diverses pièces métalliques que son père et lui avait utilisé pour la modifier (y compris une énorme cheminée métallique pour quand ils travaillaient avec des métaux, une antenne pour recevoir des informations numériques et quelques autres parties que la plupart des humains ne reconnaîtraient pas), elle était entourée de véhicules militaires. Il semblait qu’ils la vidaient et chargeaient le tout dans une semi-remorque, une de celles que Stiles reconnaissait pour les fois où le gouvernement avait apporté quelque chose de grand à Toad Suck, comme un fae qui s’était caché à l’Extérieur ou quand l’un d’eux disparaissait et que sa maison devait être nettoyée.

« Que se passe-t-il ? » demanda Stiles au guerrier le plus proche… soldat, se rappela-t-il. Parfois c’était nul d’avoir un professeur d’histoire qui ne pouvait pas suivre les changements humains dans le langage.

Le soldat connaissait Stiles, c’est lui qui lui avait donné la Jeep en échange de l’un de ses anneaux d’or que Stiles appelait du sol. Les soldats aimaient quand Stiles appelait le métal de la terre, alors Stiles n’avait jamais vu de problème à le leur donner en échange de n’importe quelles pièces mécaniques de rechange qu’ils avaient sur eux sur le moment. Leur métal était frappé et combiné avec d’autres métaux, et Stiles aimait découvrir les différences en eux en les séparant et en les forgeant en quelque chose de nouveau. L’or était parfois ennuyeux, mais il était brillant et les soldats l’aimaient.

« Ton père est réaffecté, » dit tristement le soldat. Stiles aimait à penser que s’il n’était pas un fae, il aurait été ami avec l’officier des forces spéciales Anderson.

« Réaffecté ? » demande Stiles.

« Tu devrais probablement aller en parler à ton père, gamin, » dit le soldat. On aurait dit qu’il allait pleurer du fait que Stiles ne comprenne pas ce qui se passait.

Stiles hocha la tête. Il savait qu’il était jeune, mais il pensait être assez vieux pour qu’on lui dise les choses. Il entra dans la maison que lui et son père partageaient, esquivant les militaires qui transportaient des boîtes et des meubles de la maison. « Papa ? » appela-t-il, sa voix résonnant dans la maison vide, plus que la normale. Le métal chanta vers lui en entendant sa voix et le calma.

« Stiles ? » répondit son père. « Je suis dans la chambre. »

Stiles trouva son père regardant tristement des photos de famille avant la mort de sa mère. Ils se tenaient à l’extérieur de cette maison et sa mère avait un drôle de sourire sur son visage alors qu’elle essayait de s’accrocher à Stiles, qui essayait de s’échapper hors du champ de la caméra. Il se souvint avoir voulu toucher l’appareil et voir de quoi il était fait, il se souvint de la chanson que les engrenages avaient faite quand le photographe avait pris leur photo.

« Que se passe-t-il ? »

« Nous partons, » déclara le shérif Stilinski en regardant Stiles. « Il y a un problème dans une autre réserve et ils ont demandé à ce qu’une partie neutre dirige l’enquête et prenne la relève en tant que Shérif si l’enquête se déroule bien. Il m’a été suggéré d’accepter ce poste par le BAN. »

Le Bureau des Affaires Non-humaines avait la juridiction ultime sur les réserves. C’était la seule chose que Stiles savait vraiment à leur sujet. Eh bien, cela et que certains des anciens étaient mécontents qu’ils aient juridiction sur eux parce qu’ils étaient tous si jeunes, certains d’entre eux n’avaient que cinquante ou soixante ans et ils pensaient que cela les rendait sages.

« Nous changeons de réserve ? » demanda Stiles, choqué.

« Oui, fiston, » dit le sheriff Stilinski. « Nous allons dans un endroit appelé la réserve de Beacon Hills. C’est en Californie. »

Beacon Hills, pensa Stiles. Pas étonnant que Rupert lui ai donné des conseils sur les loups-garous, les métamorphes et les humains. Cette réserve les avait tous et c’était la plus ouverte de tout le pays. Stiles allait ailleurs et pour la première fois, l’idée le terrifiait.

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Stiles n’avait jamais vu autant de gens au même endroit auparavant. Il y avait trente-trois enfants du même âge que lui dans la classe et ils le regardaient tous. Chacun d’entre eux. Stiles commençait à transpirer.

« C’est… Stiles Stilinski ? » lui demanda l’enseignant dans un discours très, très lent.

« Oui, monsieur. » Stiles avala le couinement dans sa voix.

« Est-ce vraiment ton nom ? » lui demanda l’enseignant.

« Non, » dit Stiles, choqué. Comme s’il allait donner son vrai nom à trente-trois personnes et à un enseignant.

Le professeur le fixa du regard, comme s’il attendait.

« Les faes ne donne pas leurs vrais noms, » déclara l’une des filles. Elle avait de longs cheveux roux et elle était magnifique.

« Pourquoi ? » demanda l’enseignant, comme s’il ne le savait pas.

Stiles ne dit pas un mot. Il n’aurait pas répondu à un enfant posant une question aussi stupide. Il croisa les bras devant sa poitrine et attendit une vraie question.

« Tu es de la réserve Toad Suck ? » L’enseignant regardait la paperasse devant lui.

« Oui, » dit Stiles, même si la plupart des autres enfants riaient de ce nom.

« Est-ce un vrai nom? » demanda l’enseignant.

Stiles ne pouvait pas croire qu’il n’avait pas entendu parler de Toad Suck. Peut-être que Rupert avait raison sur le fait de ne pas parler.

« Quel autre type de non-humains vit à Toad Suck ? » demanda l’enseignant à Stiles.

« Il n’y a que des faes, » dit Stiles. Il n’expliqua pas qu’il était le dixième plus jeune fae sur la réserve, qu’il était simplement le fae le plus puissant de la réserve ou que son dernier cours d’économie avait été enseigné par un dragon qui était aussi son principal et son professeur en métallurgie, et semblait avoir neuf ou dix ans. Il pensa juste à ces choses et garda sa bouche fermée.

« Eh bien, je suis l’entraîneur Finstock et c’est mon vrai nom, » dit-il comme s’il n’y avait rien à craindre en donnant le vrai nom d’une personne.

Stiles regarda l’homme avec des yeux ronds. Etait-il stupide ?

« Alors va t’asseoir. Il y a une place libre à côté de McCall. McCall ! » cria Finstock. « Réveille-toi ! »

Les autres de la classe gloussèrent alors qu’un garçon levait la tête et clignait des yeux ensommeillés vers le professeur. « J’ai fait mes devoirs hier soir, » grommela-t-il.

« C’était la pleine lune hier soir. J’en doute sérieusement, » dit Finstock. « Lève la main pour que Bilinski puisse venir s’asseoir à côté de toi. »

McCall leva la main puis reposa sa tête sur le bureau.

Stiles marcha doucement à travers la forêt de bureaux pour s’asseoir à côté du garçon endormi, qui sentait beaucoup le loup. Il essaya de ne pas regarder, mais vraiment, c’était le premier loup-garou qu’il avait jamais vu. Il savait à quel point ils étaient féroces et comment ils essayaient de flairer les choses, et Stiles se demanda brièvement si le garçon allait renifler son entrejambe ou quelque chose comme ça.

McCall se lécha les babines, bava un peu sur son bureau et sombra dans un sommeil plus profond.

Stiles était déçu.

Le cours était simple. Le professeur resta fidèle au sujet et ne fit pas de comparaison économique avec d’autres pays et d’autres siècles, il se contenta de s’en tenir à l’économie américaine de base et résuma proprement le tout à la fin, quand une cloche sonna et que tout le monde commença à bouger. Stiles cligna des yeux à quelques reprises, se demandant comment fonctionner dans une classe qui n’était pas constamment interrompue par des gens qui posaient des questions sur d’autres époques et les comparaient à ce qui s’était passé il y a dix ou vingt ans. C’était les quarante-cinq minutes les plus étranges de toute sa vie.

« Tu as quel cours ensuite ? » lui demanda une jolie fille aux cheveux noirs bouclés tombant dans son dos.

Leurs cours étaient tous consécutifs, se rappela Stiles, au lieu de se tenir chaque fois que les gens avaient envie de se rencontrer. Il sortit le papier qui les énumérait, se demandant si ce morceau de papier avait une valeur particulière, et le remit à la fille. Il espérait ne pas lui devoir une faveur pour le récupérer parce qu’il ne l’avait pas encore mémorisé.

« Tu as anglais avec Scott et moi, » dit la fille. « Je m’appelle Allison et c’est Scott, » dit-elle avec un joli sourire qui fit ressortir ses fossettes.

Stiles hocha la tête. Elle ne sentait rien et il se demanda pourquoi. Il se pencha un peu plus près pour pouvoir la sentir, mais tout ce qu’il a pu dire de cette observation était qu’elle sentait l’humain, beaucoup de savons et un peu comme les fleurs.

« Je ne suis qu’un être humain, » dit-elle en souriant plus largement. « Scott est mon petit ami. »

« Tu sors avec un loup-garou ? » lui demanda Stiles.

« Yep, » dit Allison. « Mes parents ne sont pas très contents de toute cette histoire de loup-garou, mais nous sommes censés laisser le passé rester passé, n’est-ce pas ? »

Stiles était confus, mais il hocha la tête quand même. Pourquoi voudrait-on simplement ignorer le passé ?

Stiles suivit un Scott endormi et sa petite amie vers la classe d’anglais, les fixant quand ils s’embrassèrent plusieurs fois au milieu du couloir. Il se demanda s’ils étaient plus âgés et si c’était la raison pour laquelle ils étaient déjà si impliqués l’un avec l’autre. « Quel âge avez-vous ? » leur demanda-t-il.

« J’ai seize ans, » dit Scott. « Allison a dix-sept ans. »

« Est-ce que tout le monde a 16 ou 17 ans ? » demanda Stiles.

« Dans notre classe, oui. » Scott hocha la tête. « Ce n’est pas l’âge que les gens ont habituellement en première ? »

Stiles haussa les épaules, ne voulant pas répondre. Il se demanda ce que ses camarades de classe de son ancienne école diraient. Ils affirmaient toujours qu’il y avait tellement de temps et il se demanda ce qu’ils penseraient de classes entières de personnes de l’âge de Stiles.

Les cours étaient tous si courts, surtout après les périodes de 3 à 5 heures auxquelles il était habitué, qui se déroulaient deux ou trois fois par semaine, chaque fois que les professeurs avaient envie de se présenter. Il se demandait comment quelqu’un obtenait la moindre information, mais tout le monde semblait comprendre parce qu’ils ne posaient pas de questions. Stiles avait un million de questions à poser, d’autant plus que ses enseignants semblaient tous incroyablement jeunes. Stiles n’en avait jamais eu de moins de quatre cent cinquante ans et pas un seul de ses nouveaux enseignants ne paraissait même avoir cent ans.

Le dernier cours de la journée fut quand Stiles eut réellement l’impression qu’il avait trouvé la chose la plus précieuse au monde. Il y avait une salle remplie d’ordinateurs.

Pas le vieux Commodore auquel il avait été limité dans son ancienne école, non, c’était plus comme sa tablette. Stiles fut choqué quand l’enseignante lui dit qu’il pouvait s’asseoir seul et après qu’il se soit habitué à la plate-forme, il fut choqué à nouveau quand il pu aller sur de nouvelles pages Web qui n’avaient pas été écrites en langage de programmation C-DOS. Il semblait ne pas y avoir de pare-feu du tout et il pouvait regarder toutes sortes de sites.

La professeure dû lire son choc en voyant une telle merveille et elle lui demanda ce qu’il avait appris dans son ancienne école. Il expliqua les ressources informatiques limitées qu’ils avaient et elle lui dit de s’habituer à celui-ci, qu’il pourrait commencer à rattraper tout le monde vers la fin de la semaine.

Stiles était au paradis. Personne ne tombait malade autour de tout ce métal, donc il n’avait pas à s’inquiéter pour quelqu’un d’autre dans la même pièce que lui. Il pourrait concentrer toute son attention sur l’ordinateur.

Le pare-feu de l’école était une telle blague. Stiles pouvait regarder n’importe quel site web qu’il voulait et il regarda les chatons et la politique, le porno et la fanfiction, les statistiques et l’histoire, mais sa chose absolument préférée de tous les temps était Wikipédia. Il n’avait jamais vu autant d’informations au même endroit auparavant, à part dans la tête de certains de ses professeurs. S’il devait se faire enseigner par des enfants dans cette école, il pourrait aussi bien profiter des opportunités qui lui étaient présentées.

Il leva les yeux quand il remarqua que tous les autres ramassaient leurs affaires pour partir. Il supposa qu’un agenda si strict était nécessaire pour coordonner tant de personnes différentes. Il aurait été impossible pour l’un d’entre eux de simplement envoyer un oiseau ou de passer un appel téléphonique rapide ou autre chose pour lui dire que l’école commençait s’il y avait tant de gens. Et le planning simplifiait évidemment les choses pour que tout le monde se rappelle qui était censé être où et quand.

Stiles s’étonna que Scott et Allison l'aient attendu sur les marches de devant.

« Comment s’est passé ton premier jour ? » lui demanda Allison avec ce sourire contagieux.

« Bien. Très différent de ma dernière école, » dit Stiles.

« Qui est-ce ? » Un nouveau garçon s’approcha avec le bras autour de la fille aux cheveux roux.

« C’est le fae, » annonça la jeune fille. « Il s’appelle Stiles. »

« Stiles la fée, » ricane le garçon.

« Oui, » dit Stiles, ne comprenant pas de quoi le garçon riait. Il pensa que c’était quelque chose de mauvais, parce que Scott le frappa.

« C’est Jackass, » dit un garçon à la peau foncée derrière le blond. « Je suis Danny. »

« Danny aussi est une fée, » dit Jackass.

Stiles fronça les sourcils, reniflant un peu. « Non, il ne l’est pas, » dit Stiles. « Mais vous êtes tous des loups-garous pour la plupart, n’est-ce pas ? »

« Tu peux le sentir ? Comme nous ? Comment se fait-il que tu ne sentes pas comme les fleurs, si tu es une fée ? » demanda Scott.

« Pourquoi est-ce que je sentirais les fleurs ? » demanda Stiles.

« Les fées sentent toujours les fleurs. Lorsque nous sommes allés sur le territoire de la réserve à Washington, un de ces échanges interculturels, ils sentaient tous une sorte de fleur. Sauf celui qui sentait l’océan et le poisson. C’était bizarre, » dit Jackass, « Tu sens comme… beaucoup de différents types de métaux. »

« C’est bizarre, Jackass, » dit Stiles. Il ne savait pas quoi dire d’autre.

« Je m’appelle Jackson, » dit Jackass, ses yeux se rétrécissant alors que ses amis riaient tous.

« Oh, je suis désolé, » dit rapidement Stiles. Il regarda Danny, qui avait présenté son ami, mais qui se tordait maintenant de rire. « Pourquoi t’a-t-il traité de fée ? Tu sens le loup. »

« Danny est gay, » expliqua Scott.

Cela n’avait aucun sens pour Stiles. C’était apparemment hilarant pour Jackass… Jackson, cependant.

« Tu penses que les fées sont gays ? » demanda Stiles. « Je peux t’assurer qu’elles ne le sont pas toutes. Mes parents n'étaient pas gays. »

Jackson le fixa du regard. « Tu es gay ? »

« Je ne sais pas, » dit Stiles. « Je n’ai pas trouvé mon compagnon. Je ne sais pas si mon compagnon est un garçon ou une fille, alors... je ne peux pas encore répondre à cette question. »

Ils regardèrent tous Stiles comme s’il était fou. Il pensait que c’était une explication parfaitement logique. Il revint sur ses paroles dans sa tête pour s’assurer qu’elles avaient un sens.

En tout cas, Scott haussa les épaules. « Eh bien, » dit-il, « On va traîner ce soir chez notre Alpha. Tu veux venir avec nous ? »

Stiles se figea. C’était la première fois qu’on l’invitait à aller chez quelqu’un d’autre. « Est-ce que ça dérangera votre Alpha ? On m’a appris qu’ils sont très territoriaux. Je ne suis peut-être pas le bienvenu et je ne voudrais pas empiéter pour mon premier jour ici. »

« Derek est cool, » dit Scott, mais cela se heurta à un rire bruyant de Jackass… Jackson.

« Non, il l’est vraiment. Il sera ravi de te rencontrer, » dit Allison et elle semblait vraiment être une fille humaine si douce. Stiles décida qu’il l’aimait bien.

« Il pourrait même faire une expression faciale, » dit la fille rousse. Stiles voulait connaître son nom, parce qu’elle semblait intelligente. Stiles avait toujours aimé l’intelligence.

« Quel est ton numéro de téléphone ? » lui demanda Danny. « Je t’enverrai l’adresse par sms et à quelle heure tout le monde se retrouve. »

« Je n’ai pas de numéro de téléphone, » déclara Stiles. Il connaissait les téléphones portables, il avait lu à leur sujet sur sa tablette, mais il n’en avait jamais vraiment eu besoin avant.

« Tu n’as pas de téléphone ? » demanda Jackson. Stiles se félicita de ne pas l’appeler Jackass dans sa tête.

« Non, » dit Stiles.

« C’est bon. Tu vis en bas de ma rue, » dit Scott, « Je passerai te chercher... »

« Les fées ne peuvent pas monter dans une voiture, » dit la fille aux cheveux roux.

« Je peux, » dit Stiles. « J’ai ma Jeep juste là. » Il la pointa du doigt dans le parking.

Les yeux de la fille devinrent vraiment grands, ce qui était bien parce que ses yeux étaient jolis. « Es-tu un gremlin ? »

Stiles testa le nom dans sa tête. « Je pense que c’est comme ça qu’on nous appelle, »  dit-il.

« Wow, » dit la fille. « Tu es vraiment rare, n’est-ce pas ? »

« Cela dépend de ta définition de rare, » dit Stiles.

« Pourquoi ta peau n’est-elle pas verte, alors ? » demanda Jackson.

Stiles fut encore confus. « Je suis censé avoir l’air humain, » dit-il. « Mais même quand je ne le fais pas, ma peau n’est pas verte. »

« Tu regardes trop la télévision, Jackson, » souffla la fille et ne pas savoir son nom commençait à irriter un peu Stiles. Ce n’était pas comme s’il n’avait jamais rencontré quelqu’un qui ne lui avait pas donné son nom avant, cependant.

« Lydia, tu sais que tu m’aimes, » dit Jackson en la suivant jusqu’à sa voiture pendant qu’elle s’éloignait.

« Je viendrai chez toi alors, tu pourras me suivre chez Derek ce soir, » proposa Scott.

Stiles hocha la tête, puis s’éloigna de ses nouvelles... connaissances ? Amis ? Était-il trop tôt pour avoir une amitié avec ces gens ? Il les aimait, même s’ils étaient très étranges.

Stiles retourna chez lui, ravi de voir que les militaires n’avaient toujours pas déballé les cartons de sa chambre. Ils s’étaient occupés des pièces du bas, mais la chambre de Stiles était encore un désordre de boîtes. Il en trouva une qui n’allait dans aucune pièce et poussa presque un cri de joie en voyant que c’était un ordinateur flambant neuf.

Il n’y avait pas de pare-feu quand il l’ouvrit.

La première chose qu’il chercha était Toad Suck. Il la trouva sur la carte et il chercha un article de Wikipédia dessus, mais il y avait seulement la mention que c’était une réserve et qu’elle était limitée aux faes. Stiles fronça les sourcils. Pas étonnant que personne ne sache rien à ce sujet. Il pensa brièvement à éditer la page, mais il supposa que c’était quelque chose qui mettrait en danger les faes y vivant alors il ne fit rien.

Il avait déballé dix de ses boîtes, se sentait satisfait de lui-même quand la sonnette retentit en bas. Il ouvrit la porte pour trouver Scott attendant avec un sourire maladroit sur son visage.

« Tu es prêt ? » lui demanda Scott.

« Oui, » répondit Stiles en prenant ses clés sur le support à côté de la porte. Il fut surpris quand Scott monta avec lui dans la Jeep.

« Maman ne m’a pas laissé emprunter la voiture ce soir, alors je vais simplement monter avec toi. Tout le monde est déjà là-bas. C’est la soirée cinéma, » dit Scott avec un sourire et un regard de joie sur son visage.

Stiles hocha la tête. « Quel film regardons-nous ? »

« Quoi ? Oh, personne ne regarde vraiment le film. On traîne tous ensemble, on se jette de la nourriture, on se fait engueuler par Derek et je vois Allison dans un “environnement bien chaperonné”. » Scott imita les guillemets pour indiquer qu’il répétait ce que quelqu’un d’autre avait dit.

« Allison est ta compagne ? » demanda Stiles.

« Oui, » dit Scott avec un regard rêveur sur son visage. « Tu sais que les humains n’ont pas de compagnons comme nous ? »

« Vraiment ? » demanda Stiles. « C’est étrange. »

« Alors, que fait un gremlin ? » demanda Scott. « Vous avez des superpouvoirs ? »

« Quoi ? Non, pas vraiment. Je ne pense pas que ce soit le cas, » dit Stiles.

« Vous cultivez du métal ? C’est pour ça que ton odeur est différente de celle des autres faes ? »

« On ne peut pas cultiver du métal, » dit Stiles. « On peut l’appeler, mais on ne peut pas le cultiver. »

« L’appeler ? Comme au téléphone ? »

Stiles fronça les sourcils. Il pensa une minute. « Oui, sauf que tu n’utilises pas de téléphone. »

« C’est un superpouvoir, » annonça Scott. « Comme la façon dont nous pouvons sentir et courir très vite et entendre vraiment bien les choses. »

Stiles hocha la tête. « D’accord, » dit-il. Il suivit Scott et monta les marches jusqu’à une grande maison avec un revêtement de bardage à clins au milieu des bois. Il se demanda brièvement si c’était à ce moment-là qu’ils le tueraient pour ses pouvoirs et s’il devait expliquer qu’une fois qu’il serait parti, son pouvoir partirait avec lui pour qu’il soit inutile de lui faire du mal.

Stiles fut alors surpris quand Lydia ouvrit la porte et les invita à entrer dans la maison. Elle traîna Stiles dans le salon avec une certaine confusion.

« Derek a flippé au sujet de l’odeur de fée, » chuchota-t-elle à Scott. Stiles se demanda brièvement si elle pensait qu’il ne pouvait pas l’entendre. « Il n’arrête pas de nous sentir et de nous demander avec quel genre de créature nous avons eu des problèmes cette fois-ci. »

« Est-ce qu’il sait que Stiles vient ce soir ? » chuchota Scott en retour.

« Je peux vous entendre, » appela une voix du salon. L’attention de Stiles fut immédiatement attirée sur cette voix, il y avait des mots pour la décrire, il en était sûr, mais il ne les connaissait pas. On aurait dit qu’elle faisait vibrer jusqu’à ses os et que sa peau semblait être en pleine tempête électrique. Ses poils se redressèrent et Stiles avait besoin de savoir d’où venait cette voix parce que c’était dangereux pour lui, Stiles Stilinski, personnellement.

Stiles entra dans une pièce remplie d’humains et de loups-garous, mais ses yeux furent attirés par l’homme debout devant la cheminée. Ses yeux étaient pâles, changeant de couleurs avec la façon dont la lumière les frappait, ses cheveux étaient noirs et ils se dressaient sur sa tête. Il avait un beau visage et Stiles ne pouvait pas détourner les yeux pour voir autre chose.

Le temps dû passer, parce qu’il entendit Jackass dire, « Mec, est-ce qu’ils vont se regarder toute la nuit ou quoi ? » et Stiles détourna le regard de l’homme. Il ne savait pas pourquoi son corps réagissait ainsi, mais il allait le découvrir dès que possible. Il savait que sa sécurité en dépendait.

Chapter Text

Stiles était distrait par beaucoup de choses dans la maison de Derek, Derek étant l’une de ces principales choses. Il y en avait d’autres : certains de ses appareils faisaient de drôle de bruits quand les autres les utilisaient et Stiles luttait contre l’envie de les réparer, il y avait une faible vibration dans les basses du système sonore de Derek que Stiles savait pouvoir corriger, les adolescents dont Stiles était entouré étaient bruyants et turbulents, et la nourriture avait un goût bizarre. Toutes ces choses faisaient trembler ses mains et il aurait souhaité savoir s’il pouvait se déplacer en toute sécurité et se mêler avec eux.

Il ne le fit pas cependant ; Derek le mettait mal à l’aise. Cette inquiétude le rendait spastique et lui donnait mal à la tête. Il savait qu’il était en danger, mais il ne comprenait pas pourquoi et cela le rendait fou.

Il avait été bon toute la nuit, il n’avait pas trop parlé et il n’avait pas bougé de sa place sur le canapé entre Danny et Lydia, il avait répondu à toutes leurs questions avec autant de non-réponses qu’il pouvait poliment laisser échapper. Ils étaient facilement distraits et Stiles constata que lorsqu’il répondait à l’une de leurs questions par l’une des siennes, ils étaient plus que disposés à parler d’eux-mêmes. Il pensait ne pas avoir partagé trop d’informations sur l’autre fae avec qui il avait grandi, mais il ne pensait pas que ça ferait mal de mentionner qu’il connaissait une dryade et un géant de glace.

C’est à la fin de la nuit qu’il découvrit qu’il ne pouvait plus le supporter. Ils nettoyaient leur désordre et Derek utilisait son broyeur à déchets quand le bruit de protestation qu’il faisait crissa aux oreilles de Stiles.

« Ugh, » déclara-t-il. « Bouge, je n’en peux plus. » Il poussa Derek de côté et sa main picota après avoir touché le loup-garou, qui le regarda après avoir trébuché un peu de choc et de confusion sous sa force. Stiles ouvrit le placard sous l’évier et toucha le broyeur, qui chanta immédiatement de soulagement. Il caressa un peu le conduit, sentit quelques-unes des pièces bouger et puis cela fonctionna avec une chanson basse aux oreilles de Stiles. « Mon Dieu, c’est tellement mieux, » dit Stiles en sortant la tête du placard à temps pour voir tout le monde le fixer.

Ils ne disaient rien, ils le fixaient juste et Stiles réalisa qu’il venait de faire une erreur.

« Je suis désolé, » dit Stiles immédiatement. « Ça faisait mal, le métal protestait et je n’ai pas pu m’en empêcher, je ne reviendrai pas... »

Derek grogna à cette annonce alors que Stiles remontait sa capuche rouge autour de sa tête.

« Pas question, c’était trop cool, » dit Jackson, choqué. « Qu’est-ce que t’as fait ? Je n’ai jamais rien vu de tel avant. »

« J’ai dit au métal de retourner là où il était censé être, » dit calmement Stiles.

« Tu peux parler au métal ? Je pensais que tu n'étais qu’un gremlin ? » demanda Lydia.

« Metalzauber, » déclara Derek. « Tu es un metalzauber. »

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Scott.

Personne d’autre ne dit rien alors Stiles, qui avait déjà été mal à l’aise pendant la majeure partie de la nuit et avait les mots de Rupert tourbillonnant dans sa tête, commença juste à parler. « C’est dans mon sang. Vous ne pouvez pas l’avoir, même si vous me tuez. Donc me tuer serait une mauvaise idée parce que ça mourrait avec moi. Ce n’est pas quelque chose que je peux donner à quelqu’un d’autre et personne ne peut me le voler. Me tuer n’est pas une bonne idée, ça ne vous apportera rien, d’accord ? » Stiles marcha à reculons, vers la porte d’entrée, puis il se retourna et commença à courir.

Il s’avéra que les loups-garous pouvaient courir plus vite que les metalzaubers, qui savait ?

Derek le retint par l’arrière de sa veste, sa grande main saisissant sa capuche avec une force douloureuse. « Personne ne va te tuer. Arrête de paniquer. »

La bouche de Stiles ne voulait pas s’arrêter. « Je suis sûr que si je ne paniquais pas, il serait plus facile de me tuer… »

« On ne peut pas te tuer de toute façon, tu es un metalzauber, » dit Derek patiemment, sa voix basse et douce.

« Oh ! Oh ouais, » dit Stiles, en se redressant lentement et en essayant de comprendre où il avait laissé sa dignité.

« Pas étonnant que tu ais été si tendu toute la nuit, » dit Derek, alors que sa meute se regroupait lentement autour d’eux. « Écoute, tu peux toucher tout ce que tu veux de métallique dans ma maison, d’accord ? On ne parlera à personne de ce que tu fais, n’est-ce pas ? » Derek regarda le reste de sa meute, qui hocha la tête même si Stiles pouvait voir qu’ils étaient tous confus.

« Comment… Comment tu l’as su ? » demanda Stiles.

« J’ai rencontré un metalzauber une fois, dans l’État de Washington, » dit Derek.

« Tu connais Zee ? » demanda Stiles, impressionné.

« Je connais Zee, » confirma Derek. « Comment tu as su lequel ? »

« Il n’y en a qu’un seul dans l’État de Washington, » dit Stiles.

Derek sembla choqué. « Combien y en a-t-il en Californie ? »

Stiles regarda ses pieds. « Deux, maintenant. »

« Attends, » dit Lydia. « Quand tu as dit que tu étais rare... »

« Quels que soient les problèmes que vous avez tous ici, » dit Stiles, « Ce doit être assez important pour que mon père et moi quittions Toad Suck. »

« Tu es vraiment de Toad Suck, » souffla Derek. Tout le monde le regarda comme si c’était important. « Je pensais que tout le monde était… vieux… »

« Plus maintenant, il y a beaucoup plus de bébés et en plus, » dit Stiles. « J’ai seize ans. Vraiment seize ans. »

« Quel âge a le prochain plus âgé ? » demanda Derek.

« Elle a quarante-six ans, » répondit Stiles.

C’était apparemment important. « Quel âge a le plus vieux ? » demanda Scott.

« C’est mon meilleur ami, mais il ne se souvient pas de son âge, » dit Stiles. Il ne voulait pas incriminer Rupert en quoi que ce soit, mais le gars était vraiment vieux.

« De quoi se souvient-il ? » demanda Lydia, fascinée.

« Euh… Il était enfant à la cour du roi Salomon. Il a quelques drôles d’histoires à raconter à ce sujet, » dit Stiles en essayant de se rappeler ce que Rupert lui avait dit.

« Jésus, le roi Salomon de la Bible ? » demanda Danny.

Stiles hocha la tête. « Le roi Salomon était un ami des faes, » dit-il en haussant les épaules. Tout le monde le savait, n’est-ce pas ? Stiles allait devoir trouver ce que les gens savaient et ce qu’ils étaient censés savoir par rapport à ce qu’il tenait pour acquis comme étant une information de base.

Derek hocha la tête. « D’accord, retournons à l’intérieur. C’est la nuit qui suit la pleine lune et je ne fais pas confiance aux chasseurs pour ne pas en profiter... »

« Pas tous les chasseurs, » interrompit Allison.

Derek lui sourit. « Non, pas tous les chasseurs, » dit-il puis il les reconduisit tous à la maison. Stiles trouvait bizarre que sa main soit coincée à l’arrière de son sweat à capuche rouge, mais il décida de ne pas en faire toute une histoire.

Ils passèrent le reste de la nuit à mettre en place un jeu de société. Stiles ne savait pas lequel c’était et ça n’avait pas d’importance parce qu’ils n’y jouèrent jamais de toute façon, trop occupés à se battre pour savoir qui allait jouer quelle pièce. Les garçons bavardaient et les filles discutaient de leurs devoirs, Derek s’asseya avec sa main toujours sur le dos du sweat à capuche de Stiles et les regardait tous comme un fier parent.

« Comment peux-tu être l’Alpha ? » lui demanda Stiles. « Tu sembles si jeune. » Non pas que l’apparence avait quelque chose à voir avec l’âge, mais Stiles savait que les humains vieillissaient assez vite.

« C’était une erreur, » dit Derek. « Je n’étais pas censé l’être, pas avant que mon père ne meure et que je prenne la relève. Parfois, il arrive qu’il y ait plus d’un Alpha dans une meute. Donc mon père a sa meute de l’autre côté de la réserve et j’ai la mienne ici. Comme ma meute ne grossira pas pendant un certain temps, cela ne cause pas de conflit territorial. »

« C’est toi ou ton père qui as demandé au mien de déménager ici ? »

« Mon père. Je ne suis pas mêlé aux affaires entre les loups-garous, les métamorphes et les chasseurs. Généralement, on se laisse tranquille. » Derek prit une gorgée de sa bière, son pouce frôlant la nuque de Stiles. C’était bon, alors Stiles n’en dit rien.

« Que s’est-il passé pour que vous ayez besoin de quelqu’un d'extérieur ? » demanda Stiles et il se sentait assez à l’aise maintenant pour se pencher contre le dossier du canapé qu’il partageait avec Derek. Leurs jambes se touchaient, mais ça ne l’effrayait plus. C’était juste bon.

« Je ne sais pas. Comme je l’ai dit, je reste en dehors de ça. » Derek sembla réaliser qu’il frôlait du pouce l’arrière du cou de Stiles. Il fit un visage étrange qui semblait être un croisement entre le choque et la consternation, et il ramena sa main vers lui.

La chaleur de la main de Derek lui manqua immédiatement, mais il ne dit rien d’autre. Il se leva et alla jouer avec le mixeur qu’il avait entendu plus tôt dans la nuit, et après l’avoir démonté, il trouva le rouage qui avait été légèrement tordu. Il le caressa pour qu’il reprenne la forme dans laquelle il avait été forgé à l’origine, puis il remonta le mixer et testa le moteur à quelques reprises.

« Comment ton père est-il devenu le shérif du plus vieux fae d’Amérique ? » lui demanda Derek depuis la porte de la cuisine et Stiles réalisa qu’il l’avait observé.

« C’est difficile de nous tuer, » dit Stiles.

« Alors vous pouvez être tué ? » demanda Derek, curieux.

« Oui. »

« Où est ta mère ? »

« Elle a été tuée, » dit Stiles. Il récupéra certains des couteaux de Derek dans son tiroir et les redressa avec son doigt.

« Comment est-elle morte ? » demanda Derek d’une voix douce.

« L’ignorance, » dit doucement Stiles. « L’ignorance et les secrets. Des secrets qui doivent être gardés. »

Derek hocha la tête. « D’accord, » dit-il. Stiles pouvait dire que Derek allait lui reposer la même question plus tard et pour une raison quelconque, cela ne l’ennuyait pas.

À ce moment-là, tout le monde ramassait ses affaires pour partir. Stiles jeta un coup d’œil à l’horloge et fut surpris de voir qu’il était déjà deux heures du matin.

Tout le monde se disait au revoir, frottant leurs visages l’un contre l’autre et s’étreignant. Stiles n’était pas vraiment à l’aise avec ça, alors il essaya de se tenir à l’écart pendant que chacun se parfumait, mais il fut entraîné, frotté et serré dans les bras, et cela le fit se sentir gêné sauf quand Derek le prit à son tour, en dernier. Sa peau devait avoir des propriétés magiques en tant qu’Alpha, parce que quand il glissa sa joue contre celle de Stiles et qu’il enroula ses bras autour de lui, c’était bon, apaisant même. Stiles quitta la maison dans une bien meilleure humeur après ça.

Après que Stiles ait déposé Scott chez lui, il trouva son père assis à la table de la cuisine. Stiles fixa l’homme face aux piles de paperasse sur la table.

« Tu t’es amusé ? » demanda-t-il à Stiles.

« Quoi ? Oui, je l’ai fait. Je n’ai jamais côtoyé des gens de mon âge, » dit Stiles. « Ils sont très différents. »

Son père sourit. « Je pense que c’était une bonne idée de venir ici. Tu as aimé ton cadeau ? »

« L’ordinateur ? Oui, il est vraiment bien. J’y suis déjà allé et j’ai appris tellement de choses. C’était génial. »

Le shérif rit. « Bien, bien. On va te prendre un téléphone portable demain pour que tu puisses me dire où tu es. Tu étais avec la meute de Derek Hale ? »

« Oui. Ils ont eu une soirée film, mais je ne sais vraiment pas lequel passait, » dit Stiles. « Ils étaient trop occupés à parler et à se jeter de la nourriture. » Au moins, Scott n’avait pas menti.

« Bien. Bien, je suis heureux de te voir devenir un enfant normal. Zee a toujours dit que son fils s’en sortait mieux avec des enfants de son âge. Tu sais qu’il a offert de t’accueillir ? »

Stiles sourit. « J’ai bien aimé Zee quand il est venu rencontrer Rupert. »

Son père fronça les sourcils. « Oui, c’était bon pour lui et son fils de rencontrer Rupert. »

Le fils de Zee était sur la côte Est maintenant, allant dans un collège chic qui voulait montrer qu’ils étaient ouverts aux non-humains et lui avait même offert une bourse de minorité. Ils avaient été un peu consternés quand il leur avait plutôt fait gagner des millions de dollars en leur apprenant comment traiter le métal correctement parce que leur fausse générosité avait montré que Tad méritait d’aller dans cette école et qu’ils avaient eu de la chance de l’avoir, et ils avaient demandé à Stiles de venir aussi. Il ne savait pas encore s’il voulait aller à l’université et en plus, il avait des centaines d’années pour suivre cette voie.

Stiles hocha la tête, puis sortit quelques ingrédients pour commencer à cuisiner demain matin.

Dormir cette nuit-là fut difficile, comme cela l’était chaque fois qu’il parlait de sa mère. Ce n’était pas juste qu’il n’ait pas pu passer plus de temps avec elle, la plupart des metalzaubers vivaient jusqu’à deux mille ans avant de mourir et sa mère n’avait que huit cent vingt-cinq ans quand elle avait été accidentellement tuée.

Le gouvernement n’avait dit à personne que Rupert allait venir et il y avait eu une panique lorsque les militaires s’étaient présentés avec un bébé dragon qui, bien sûr, était âgé de quelques dizaines de milliers d’années. Rupert s’était senti si mal qu’il avait juré d’élever Stiles, qui était lui-même un bébé, et de le protéger avec tout ce qu’il avait. C’est pourquoi ils étaient si bons amis, même si Rupert avait tué sa mère.

Il se traîna hors du lit quand le soleil se leva, pas vraiment fatigué. Il entrerait probablement dans une phase de sommeil dans les soixante-dix ou quatre-vingts prochaines années ; la plupart des faes dormaient pendant cent ans et ensuite étaient éveillés pendant trois ou quatre cents ans, mais ce premier siècle prenait beaucoup d’énergie pour grandir et se développer, donc cela viendrait tôt après cela. Le sommeil de son père était en retard, mais Stiles savait qu’il le repoussait à plus tard jusqu’à ce que Stiles soit plus établi dans le monde humain. Ils auraient toujours pu retourner en Faerie, supposait-il, mais les metalzaubers aimaient vivre dans cette réalité parce qu’il y avait tellement de types de métaux différents, pas seulement l’or et l’argent.

Stiles se leva et commença immédiatement à faire du pain de seigle noir, le préféré de son père, et il fit également des œufs et du bacon pour lui. Il mit le pain au four et bientôt toute la cuisine sentait bon.

« Hé, tu peux cuisiner ? » demanda Scott en entrant par la porte latérale.

Stiles hocha la tête. Il ne savait pas encore s’ils étaient assez proches pour l’informalité, mais il aimait bien Scott. Les comportements de réserve ne changeaient certainement pas d'une réserve à l’autre.

Il poussa une assiette chaude devant Scott, qui le regardait comme s’il était une sorte de dieu. « J’ai le droit de manger de la nourriture de faerie ? »

« Tu n’es pas en Faerie, » lui répondit Stiles en plaçant une assiette devant son père dès qu’il entra dans la cuisine.

« Bonjour, » salua-t-il Scott. « Je suis le Shérif Stilinski. »

« Je m’appelle Scott McCall. Ma mère m’a dit qu’elle vous a déjà rencontré, » dit Scott.

« Ta mère est Melissa, l’he…l’infirmière humaine ? » demanda le Shérif. Stiles pouvait presque l’entendre dire herboriste, mais il s’était rattrapé.

« Oui, » dit Scott. « Elle a dit que vous êtes très gentil et que vous êtes équitable. »

« Aucune raison de ne pas être juste, » dit le shérif et il vida ensuite son assiette. « Tu devrais sortir et t’amuser aujourd’hui, Stiles. Je ne veux pas que tu approches de la maison jusqu’à tard ce soir. Tu pourrais prendre Scott avec toi pour t’aider à choisir un téléphone ? J’ai déjà signé un contrat avec le marchand, donc sois raisonnable. Ne leur offre pas d’or pour quelque chose de mieux, parce qu’ils ont déjà assez pris de mon papier. En fait, n’appelle pas les métaux jusqu’à toi, le gouvernement a mentionné qu’il n’aime pas quand les humains commencent à paniquer parce qu’ils pensent qu’il y a une ruée vers l’or dans une réserve, d’accord ? »

Stiles hocha la tête. Il se souvenait des anciennes réserves, où les humains emprisonnaient d’autres humains et les gardaient là en les rendant pauvres et malades. Chaque fois qu’il y avait un soupçon de quelque chose de précieux sur leurs terres, les autres humains essayaient de le leur enlever.

Scott regarda Stiles et son père avant de manger ce qu’il restait du petit déjeuner sur la table. Stiles prit le pain qu’il avait fait cuire et un morceau de fromage, les enveloppa dans un emballage et les emporta avec lui. « Où est le marchand de téléphone ? » demanda-t-il.

Scott rit à l’attitude détachée de Stiles. « Est-ce que ton père vient juste de te dire de ne pas faire d’or ? »

« Appeler l’or, » corrigea Stiles. « C’est dans le sol, surtout dans cet état et il m’a dit de ne pas l’appeler. »

« Donc en gros, tu peux extraire l’or du sol ? » lui demanda Scott.

« Oui, » demanda Stiles. « Il aime jouer. C’est un métal un peu pute, il viendra peu importe que je ne l’appelle qu’un peu. C’est ennuyeux, mais on ne peut vraiment rien en faire si on ne le mélange pas avec autre chose. L’or pur est comme de la pâte à modeler entre les mains. »

« Je ne savais pas, » dit Scott. Tu sais, tu pourrais simplement devenir multimillionnaire avec un talent comme ça. »

Stiles leva les yeux au ciel. « Tu penses comme un humain, » dit-il puis il entra dans le magasin avec Scott.

Scott lui dit quel téléphone il pouvait choisir, soulignant les caractéristiques de celui-ci ou celui-là. Stiles opta pour Android, parce qu’il aimait l’idée de pouvoir écrire son propre logiciel pour ça, même s’il ne connaissait pas encore les langages de programmation. Il apprendrait et ça lui donnerait quelque chose à faire quand tous ses nouveaux amis dormiraient.

Ils remontèrent dans la Jeep et Scott le dirigea dans les environs de la réserve, qui était absolument énorme par rapport à Toad Suck. Ils s’arrêtèrent à une épicerie pour acheter à peu près deux litres de Mountain Dew et quelques courses, puis Scott lui indiqua la route vers chez Derek, où tout le monde traînait.

Stiles fit comme chez lui dans la cuisine de Derek, sortant des récipients et des casseroles alors que le reste de la meute le fixaient avec émerveillement tandis qu’il hachait, mélangeait et leur faisait à manger. Ils goûtèrent avec hésitation tout ce qu’il mit devant eux, mais les sandwichs et la salade de macaronis avaient disparurent en quelques minutes.

« Cela fait-il partie de la magie des fées ? » demanda Lydia.

« Non, c’est la magie de Stiles, » dit-il en souriant, caressant le vieux lave-vaisselle qui ne fonctionnait pas jusqu’à ce qu’il commence à fredonner une chanson pour lui.

« On peut le garder ? » demanda Jackson à Derek. « On peut garder la fée, s’il te plaît ? »

Derek sourit et Stiles se sentit un peu bizarre bien qu’il ne comprenne toujours pas pourquoi. « Oui, » dit Derek.

Et c’est ainsi que Stiles Stilinski, le metalzauber, fit partie d’une meute de loups-garous en Californie. Dans l’ensemble, ce n’était pas un trop mauvais début pour ses collections d’histoires de vie que tout le monde racontait pendant les cours d’histoire. Stiles pensa que tant que l’introduction à ce chapitre de sa vie était bien, rien d’autre que du bon ne pouvait suivre. Bien sûr, Stiles avait eu tort avant, donc ce n’était pas la première fois qu’il évaluait mal une situation.

Chapter Text

Lorsque Stiles se mit à l’aise avec tout le monde, il commença à parler. Il parlait de tout, c’était la première fois qu’il y avait des enfants de son âge autour de lui et ils étaient fascinants. Ils supportèrent ses questions pendant des semaines avant de commencer à lui donner du fil à retordre, mais Stiles aimait qu’on ne lui fasse pas de cadeaux parce que cela signifiait qu’ils l’acceptaient.

Non seulement ça, mais le père de Stiles semblait vraiment aimer qu’un Alpha prenne la responsabilité du temps libre de son fils. Il encourageait la relation entre Stiles et Derek, allant même jusqu’à inviter régulièrement Derek chez eux pour le dîner. Le père de Stiles et Derek se détendaient dans le salon après un repas pendant que Stiles nettoyait et il se plaignit de se sentir comme la femme au foyer. Derek lui dit de se taire et de lui apporter une autre bière, et le père de Stiles trouva que c’était une bonne blague. Stiles ne s’en soucia pas trop parce que ça lui donnait une excuse pour tacler Derek et lutter au sol, et il commençait à aimer la sensation de Derek le maîtrisant, mais il ne l’admettrait jamais à personne.

Bientôt, il n’y eut plus du tout de manières entre eux. Scott entrait toujours dans sa maison, Lydia et Allison n’éprouvaient aucun scrupule à lui demander de réparer leurs bijoux, Jackson était autorisé à le plaquer au sol chaque fois qu’il parlait trop et Danny essayait de corriger la façon dont Stiles s’habillait. Derek regardait tout cela avec un sourire amusé et Stiles finissait toujours les nuits qu’ils passaient ensemble recroquevillé quelque part près de lui.

Pas sur lui et sans le toucher, mais près de lui. Stiles aimait la façon dont il se sentait autour de l’Alpha, mais le toucher le conduisait à des pensées étranges qu’il ne voulait tout simplement pas avoir alors qu’il avait seulement seize ans. Après tout, ses parents ne s’étaient rencontrés qu’à l’âge de cinq cents ans. Derek était un loup-garou et le plus vieux loup-garou qu’il ait jamais rencontré avait deux cents ans, bien qu’il ait lu à propos de plus vieux qu’il n’avait jamais rencontrés. L’idée de ne passer que deux cents ans avec son compagnon était terrifiante, donc Stiles n’envisagea jamais l’idée que Derek pourrait l’être.

Mais ce n’était pas tout ce qui le préoccupait. Son père le chassait toujours de la maison durant des heures à cause de son enquête et Stiles avait l’invitation permanente de Derek de rester chez lui une fois qu’il avait découvert qu’il dormait parfois dans sa Jeep. Derek avait également le Wifi et Stiles aimait pouvoir transporter son ordinateur chez lui pour chercher tout un tas de choses. Il lisait toujours Wikipédia comme s’il n’y aurait pas de lendemain et la plupart des membres de sa nouvelle meute disaient que son taux de mémorisation des informations était ridicule.

Quoi qu’il se passait vraiment avec la situation politique à la réserve de Beacon Hills, cela ne semblait pas avoir d’importance pour Derek ou sa meute et le père de Stiles le gardait en dehors de cela du mieux qu’il pouvait. Il y avait cependant un problème, parce qu’à la troisième pleine lune après que Stiles ait déménagé à Beacon Hills, quand Stiles était censé être enfermé dans sa maison, Derek l’appela.

« Ils nous attaquent ! » s’écria Derek. « Tu peux faire venir ton père ici ? Je n’arrête pas d’appeler le Central et ils continuent de me mettre en attente avant que je puisse dire quoi que ce soit. Il doit voir ça ! »

« Derek, mon père est de garde ce soir… »

« Très bien, je vais m’en charger… » dit Derek, mais Stiles pouvait entendre à travers le téléphone le son des loups qui chantaient, entourant la maison de Derek.

« J’arrive, ne sortez pas de la maison, » lui dit Stiles.

Stiles prit certaines affaires dans son placard avant de courir à sa jeep et de conduire jusqu’à la maison de Derek en quelques minutes. Il allait peut-être un tout petit peu au-dessus de la limitation de vitesse et peut-être un peu trop vite pour une Jeep standard, mais Stiles ne pensait pas que c’était une raison pour que Derek ait l’air choqué quand il se présenta à sa porte.

« Que se passe-t-il ? » demanda Stiles en essayant de ne pas fixer le visage partiellement transformé de Derek.

« Ils continuent de tourner autour de ma maison, à renifler. » Derek semblait agité, sa voix assez rauque pour vibrer contre les os de Stiles de cette manière qui lui faisait à nouveau penser à des choses qu’il ne voulait pas envisager.

Stiles entendit le reste de la meute se déplacer nerveusement à travers la maison. Jackson était au rez-de-chaussée, presque en forme de loup-garou complet, et il reniflait dans la direction de Stiles.

Il y eut une sorte de signal invisible à l’extérieur et tout devint calme. Derek et Stiles se regardèrent pendant un long moment, puis Stiles prit une profonde inspiration et tourna le dos à Derek.

Stiles sortit sur le porche, ses mains serrées autour des objets qu’il avait tirés de son placard. Ils étaient des cadeaux de Rupert et ils étaient très vieux. « Vous êtes en train d’enfreindre une propriété privée. Vous n’obtiendrez aucun autre avertissement de ma part si vous ne quittez pas ces lieux immédiatement. »

Un hurlement solitaire répondit à son annonce, les oreilles de Derek tressautèrent et sa voix se rapprocha sur la gauche de Stiles. « Ça ne vient pas de la meute de mon père, » dit-il à Stiles.

Un autre loup-garou apparut devant eux. Stiles ne le connaissait ni lui, ni son odeur. Le loup-garou s’accroupit, regardant Stiles, essayant de sentir ce qu’il était. Stiles put voir le moment où il décida qu’il ne s’en souciait tout simplement pas et attaqua.

Stiles put sentir le contrôle du glamour qu’il utilisait pour le faire paraître humain glisser alors qu’il tirait l’épée forgée par le dragon dans une main et la dague en argent dans l’autre. Le métal bleu foncé de l’épée était si sombre qu’il semblait presque noir et les yeux des loups-garous qui l’entouraient s’écarquillaient alors qu’ils essayaient de comprendre de quoi était faite l’arme de Stiles. Le loup-garou qui attaquait Stiles se jeta sur lui, il le fit trop vite pour éviter les coups rapides de métal perçant son corps et mourut presque instantanément alors que Stiles retirait à la fois l’épée et la dague hors de lui.

Derek fut choqué, mais pas assez pour qu’ils ne se mettent dos à dos, le reste de la meute intruse attaquant tous à la fois.

Stiles pouvait voir Jackson se battre et il pouvait entendre Derek derrière lui, déchirant de ses griffes la peau des loups-garous. Stiles prit près de trois loups avant que l’un d’eux lui tire dessus avec un pistolet. Loup-garou stupide, Stiles était un metalzauber. Il frappa la balle avec son épée et la renvoya au loup-garou. Il gesticula un moment devant Derek pour dévier la balle qu’un autre loup-garou lui avait tirée dessus et cette fois, elle fut plus difficile à contrôler parce que la balle n’avait pas de centre métallique ; elle était remplie d’aconit liquide. Il ne put contrôler où elle allait quand il la dévia et elle tomba dans la saleté à leurs pieds.

C’était exagéré de supposer que Stiles s’en sortirait indemne. Un des loups-garous devait savoir ce qu’il était, parce qu’avant qu’il ne s’en rende compte l’un d’eux avait pris un bâton et l’avait coincé dans le muscle de sa cuisse. Stiles tomba et Derek laissa échapper un hurlement à briser les tympans. Les loups restants s'échappèrent dans la nuit d’où ils étaient venus et Derek s’agenouilla à ses côtés.

« Tu vas mourir, c’est comme ça que tu peux mourir ? » demanda Derek, anxieux et effrayé.

« Rupert, » gémit Stiles. « J’ai besoin de Rupert ! »

« Trouve son père, » commanda Derek à Jackson, qui était toujours tout garou, même si Stiles savait qu’il essayait de redevenir un être humain. « Trouve le shérif ! »

« Rupert, » geignit encore Stiles et le visage de Derek se tordit de douleur de l’entendre appeler le nom d’un homme qu’il ne connaissait pas et qu’il ne pouvait pas joindre.

Il le souleva et le porta jusqu’à la maison, laissant des traces de sang de fée rouge foncé sur son tapis. Stiles voulut rire parce que ça bénirait la maison, mais sa jambe lui faisait si mal qu’il ne pouvait que gémir.

« Je l’ai, » cria Jackson. « J’ai le shérif. » Il remit le téléphone à Derek avant de retomber dans sa forme garou. Scott et Lydia étaient déjà dans la pièce, guignard sur le corps tremblant de Stiles.

« Nous avons été attaqués, » dit Derek. « Stiles est venu et a essayé de nous défendre, mais ils l’ont poignardé à la jambe avec une branche… »

« Merde, » dit le shérif. « Il est conscient ? »

« Il l’est, il appelle Rupert… »

« Ne le laisse pas appeler Rupert ici ! » cria le shérif. « La dernière chose dont on a besoin, c‘est de Rupert dans cette réserve. »

« Rupert est son petit ami ? » Derek ne put contrôler le grondement qui sortit de sa bouche à ce moment-là.

« Mon dieu, j’espère que non, » dit le shérif, ce qui ne semblait pas du tout aider Derek à se contrôler. « Assomme-le, si tu le peux. On ne peut pas se permettre d’avoir Rupert dans cette réserve avec tout le reste… »

« Ne touche pas mon garçon ! » dit la voix d’un jeune enfant depuis la porte entre le salon de Derek et son entrée.

« Merde, » jura encore le shérif. « Ne l’énerve pas, j’arrive. » Puis le shérif lui raccrocha au nez.

Derek se retourna pour voir un garçon de seulement neuf ou dix ans, avec une crinière de cheveux roux en pétard et des yeux verts en amandes. Ses oreilles étaient pointues et il avait des taches de rousseur sur le nez se démarquant contre sa peau claire dans une tentative infructueuse de cacher à quel point le garçon était beau.

« Rupert, » dit Stiles avec un sourire sur le visage qui n’énerva pas du tout Derek.

« Gamin, que s’est-il passé ? » Rupert fixa la branche qui sortait encore de la cuisse de Stiles.

Stiles sourit un peu plus puis s’évanouit.

Rupert se retourna et fixa Derek. « Son père a dit que tu veillais sur lui, » réprimanda-t-il l’homme plus grand avant de marcher jusqu’à Stiles. Derek le regarda avec horreur quand le petit enfant arracha la branche de la jambe de Stiles sans même remarquer quand du sang éclaboussa tout son visage.

Derek grogna, se précipitant vers le côté de Stiles pour faire pression sur la plaie, il savait qu’il y avait une artère importante qui avait dû être sectionnée. « Tu vas le faire se vider de son sang… il a besoin d’un hôpital… »

Le garçon éloigna les mains de Derek de la jambe de Stiles avec impatience. « Où un médecin sera incapable de l’inciser parce qu’il est un métalzauber et que les médecins n’utilisent que des couteaux en métal ? Bon plan, loup-garou, et quel est le plan B ? » Rupert fusilla Derek des yeux et cracha dans la paume de sa petite main pâle. Seulement sa salive semblait être faite de feu et il la pressa dans la jambe de Stiles.

Il se réveilla momentanément, juste assez longtemps pour crier avant de s’évanouir. Rupert rit de sa réaction, puis cracha à nouveau dans sa paume.

« Qu’est-ce que tu es ? » lui demanda Derek.

« Comme si tes petits sens de loup-garou ne pouvaient pas te le dire, » se moqua Rupert. « Tu ne veux tout simplement pas les croire. »

Derek regarda derrière lui pour voir le reste de sa meute blottie dans un coin, les yeux grands ouverts et regardant le garçon assis à côté de Stiles avec quelque chose qui ressemblait à de la terreur.

« Rupert ? » Stiles était réveillé, mais à peine.

« Chut… tais-toi, mon enfant, » dit Rupert en baissant la main sur le visage de Stiles.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » demanda Stiles.

« Je t’ai dit que je viendrais toujours quand tu appellerais, » dit le petit garçon en souriant à Stiles, caressant son visage jusqu’à ce qu’il s’endorme.

Derek n’avait aucune idée de ce qu’était cet enfant, mais s’il avait fait tout ce chemin depuis l’Arkansas après que Stiles eut seulement gémit son nom, il avait un peu peur du genre de pouvoir qu’il y avait dans le corps de cet être. Il crachait du feu et ça n’était jamais bon signe quand il s’agissait de pouvoir combattre quelque chose. L’enfant regardait Stiles avec une expression qu’il n’avait jamais vu un enfant porter avant et il ne fallu pas longtemps à Derek pour décider que quoi qu’était ce putain d’être, il ne l’aimait pas. Il suivit le conseil du shérif de ne pas faire chier le petit avorton et resta silencieux.

Il y eut des coups à la porte. Lydia changea assez longtemps pour y répondre, le shérif Stilinski entrant après elle en jetant à peine un coup d’œil sur les loups-garous dans le coin. « Bordel, Rupert, » dit-il dès qu’il vit l’enfant penché sur son fils. « Comment je suis censé expliquer non seulement ta disparition de Toad Suck, mais aussi ton apparition magique ici ? Comment on peut laisser les humains penser qu’ils sont en sécurité quand on fait ce genre de merde ? »

« Tu as dit qu’il serait sous protection, » cria Rupert au shérif. « C’est ta protection ? Mieux vaut que je change de réserve... »

« C’était un conflit de meute, » dit le shérif. « Je l’ai laissé avec un Alpha... »

« Ce garçon ? » Rupert fit un geste vers Derek. « C’est un gamin ! Il a peut-être un certain pouvoir, mais c’est un gamin ! Comment peut-il être Alpha alors qu’il a... » Rupert le renifla. « Il n’a que 24 ans, cela me dépasse. Les loups-garous sont-ils si faibles maintenant qu’ils nomment des enfants comme Alpha ? »

L’ironie du fait que cette créature dépassait à peine les un mètre vingt n'échappait pas à Derek, mais il était trop effrayé pour en rire.

« Tout le monde est un enfant comparé à toi, Rupert, » dit Stilinski. « C’est un adulte sur le plan humain. »

On aurait dit que l’enfant allait cracher. « Je vais le ramener avec moi. » Il tourna son attention vers Stiles, lui frottant la cuisse blessée comme un parent… ou un amant. Il n’y avait évidemment aucune règle physique quand il s’agissait de l’espace personnel entre Stiles et cet enfant.

Derek ne put plus se contrôler et grogna vers l’enfant quand il menaça de lui prendre Stiles.

Rupert étudia Derek et son visage déjà pâle le devint encore plus. « Non, oh non, » dit-il, debout devant Stiles. « Tu ne peux pas… Pas mon bébé… »

« Ce n’est pas ton bébé, Rupert, » dit le Shérif, comme s’ils avaient eu cette dispute un million de fois auparavant. « Stiles est presque adulte… alors que tu es encore un enfant par rapport à ton espèce. »

« Je grandirai, si c’est ce qu’il faut, » dit le petit garçon. « Je grandirai et je prendrai la place de cet Alpha aux côtés de Stiles pour l’en préserver. Les loups-garous ne peuvent vivre que cinq cents ans, tu condamnerais ton enfant à vivre plus longtemps que son compagnon ? »

Stilinski avait l’air choqué, mais il n’était pas le seul. Tous les loups-garous semblaient choqués, surtout Derek. « Comment... »

« Je peux le sentir, » dit le garçon, mais Rupert grandissait sous leurs yeux, son corps s’allongeait, ses épaules se remplissaient, les os de son visage devenaient plus définis. « Je ne le permettrai pas... »

« Tu as promis à ma femme que tu prendrais soin de Stiles, » dit doucement le shérif, mais tout le monde pouvait entendre la panique dans sa voix. « Je t’ai haïe pour l’avoir tuée, mais je préfère avoir eu mes trois cents ans avec elle que de ne l’avoir jamais eu du tout. On ne peut pas non plus enlever cela à Stiles. »

Rupert se figea, fixant le sol. « Très bien, » dit-il d’une nouvelle voix plus profonde, plus riche et il leva les yeux, mais pas trop haut parce qu’il était presque dans le corps d’un adulte. « Alors laissons Stiles choisir. Je vais rester ici et il pourra choisir entre son meilleur ami et cette chose mourante qui pense être son compagnon. » Rupert jeta un coup d’œil à Derek.

Stilinski hocha la tête. « D’accord. Mais tu conserves ta forme humaine et tu n’utilises pas tes pouvoirs pendant que tu es dans cette réserve. »

Rupert renifla un peu, tirant sur le bout d’une de ses oreilles pointues. « Tant que Stiles ne meurt pas, » accepta-t-il.

« Mourir dans le sens où tout finit par mourir autour de toi ou mourir dans l’immédiat ? » demanda le shérif.

« Tu as passé beaucoup trop de temps à conclure des affaires avec des fées. » Rupert regarda brièvement le shérif.

« Ceci n’est pas une promesse, » dit le Shérif.

« Je promets de ne pas utiliser mes pouvoirs à moins que Stiles ne soit dans les heures proches de sa mort, » déclara Rupert.

Le Shérif regarda Derek et sa meute. « Lorsque vous faites des affaires avec des fées, assurez-vous d’être précis et concrets. N’essayez pas de le rendre compliqué. Et ne remerciez jamais une fée, ce serait reconnaître que vous lui êtes redevables. Vous n’aviez pas besoin de ces règles pour Stiles parce qu’il ne voulait pas profiter de vous, mais Rupert… il est vieux. »

« Je ne suis pas vieux, » protesta Rupert.

« Quand on ne se souvient pas de l’année où on est né parce qu’on n’avait pas de calendrier moderne, on est vieux, Rupert, » dit le Shérif.

« Je n’ai même pas deux mille ans, Stiles, » dit Rupert en caressant la joue de Stiles pendant qu’il dormait, « et ton père me traite de vieux ».

« Pourquoi est-il si loyal envers Stiles ? » demanda Derek.

« Rupert a tué ma femme, » dit le shérif, sans émotion. Les fées étaient bizarres comme ça. « Il a juré de protéger mon fils. »

« Je pensais que la plupart des choses ne pouvaient pas tuer les vôtres, » demanda Derek.

« La plupart des choses. Il y a des choses qui le peuvent et cette branche n’en faisait pas partie. Stiles aurait fini par s’en remettre. Rupert a dit que tu es le compagnon de Stiles, donc ça ne fera pas de mal de te le dire. Cette épée qu’il porte, c’est une arme forgée par un dragon. Ça peut nous tuer, Stiles et moi. L’autre chose qui peut tuer Stiles est juste là à lui caresser le visage. C’est lui qui a forgé l’épée de Stiles, » dit le shérif en jetant un regard significatif à Derek.

Le regard de Derek revint sur Rupert, à présent grand et dégingandé comme Stiles. « Je pensais qu’ils étaient tous morts, » chuchota-t-il sous le choc.

« Rupert est le dernier de son espèce, » dit Stilinski. « Il en est à moitié fou, juste pour que tu le saches. »

« Super, » dit Derek. « Je vais me battre pour mon compagnon avec un dragon fou. Ça devrait bien se terminer. »

Chapter Text

Alors, ce n’était pas que Stiles était lent ou quoi que ce soit, mais il lui semblait que peut-être, possiblement, Derek et Rupert ne s’aimaient pas. Ce n’était pas quelque chose d’évident qui l’avait amené à cette conclusion, c’était plutôt des petites choses. Comme Rupert qui trouvait autre chose à faire pour Stiles et lui au lieu d’aller chez Derek à chaque fois que Stiles le suggérait. Ou peut-être Derek évitant d’être dans la même pièce que Rupert et demandant à Stiles de venir dans une autre partie de sa maison pour vérifier quelque chose de telle sorte que Rupert n’était pas invité avec lui. Ou ça aurait pu être les quelques fois où Derek avait l’appelé et lui avait demandé de faire quelque chose qui aurait rendu bizarre d’inviter Rupert.

Le père de Stiles semblait aussi essayer de séparer Rupert et Derek. Il envoyait Stiles chez Derek pour des broutilles comme un article de journal qu’il pensait que Derek trouverait intéressant ou il demandait à Stiles de lui emprunter un livre sur les légendes des loups-garous que Stiles aurait juré que son père connaissait déjà ; et ensuite Derek essayait de garder Stiles chez lui un peu plus longtemps en lui demandant de regarder un film avec lui ou de l’aider à trouver quelque chose sur Internet. Stiles n’était jamais gêné de passer plus de temps avec Derek, il avait toujours ce sentiment chaleureux et paisible à chaque fois qu’il devait être avec lui, alors il ne se plaignait pas.

Il voulait juste que son vieux meilleur ami s’entende avec son nouvel ami, parce qu’il pensait qu’ils s’amuseraient beaucoup à jouer ensemble.

Le père de Stiles avait des problèmes avec l’enquête. Il essayait de négocier des traités avec les trois parties et il les invitait souvent à dîner. Stiles était fermement maintenu hors du coup, il n’avait toujours aucune idée de ce qui se passait là-bas.

Cela devenait frustrant pour lui, il savait qu’il se passait des choses et personne ne lui disait quoi que ce soit.

Le changement de Rupert en faisait partie. Il était étrange que quelqu’un qui avait eu l’air d’avoir neuf ou dix ans durant toute la vie de Stiles soit soudainement coincé dans le corps d’un adolescent. Ça craignait aussi que, tandis que ce corps était nouveau pour Rupert, il semblait avoir une grâce presque féline dans ses mouvements. Il dansait beaucoup dans la maison et Stiles était frappé de jalousie chaque fois qu’une quelconque chanson passait à la radio. Et Rupert avait un meilleur sens de la mode que tous ceux avec qui Stiles traînait. Il était juste content que Rupert n’aille pas à l’école avec lui, parce qu’il savait qu’il serait instantanément l’enfant le plus populaire là-bas et qu’il pourrait ne plus vouloir jouer avec Stiles à cause de ça. Mais il ne pouvait tout simplement pas comprendre ce qui avait fait grandir Rupert du jour au lendemain.

Pour ajouter à l’insulte de… Eh bien, son ignorance auto-admise à ce stade, Stiles ne s’intégrait pas vraiment à l’école non plus. Il ne s’agissait pas seulement du fait qu’il ne comprenait jamais les blagues de qui que ce soit ou qu’il avait été immédiatement accepté par la meute de loups-garous que tout le monde appelait « les animaux errants de Derek » ou qu’il était un fae dans une école où tout le monde associait sa race à une créature appelée « Fée Clochette » ou qu’il était plus intelligent que tout le monde, y compris la plupart des enseignants… Stiles parlait trop, il s’habillait bizarrement et toutes les machines agissaient étrangement autour de lui. Ce n’était pas comme s’il pouvait contrôler tout ça, bien qu’il pourrait peut-être faire quelque chose à propos de sa façon de s’habiller. Il était juste distrait quand il avait du temps libre et se concentrait sur d’autres choses, comme ses amis et Internet.

Stiles était fasciné par Internet. Cela lui prenait tellement de temps que les heures passaient sans qu’il ne s’en rende compte. Il y apprenait tant de choses et Rupert l’écoutait divaguer pendant des heures, comme il le faisait toujours quand Stiles apprenait quelque chose de nouveau quand ils vivaient à Toad Suck.

Derek était irrité par Stiles quand il faisait ça et Stiles ne savait pas comment gérer ça. Parfois, Stiles divaguait sans fin sur quelque chose et Derek écoutait pendant environ quinze minutes avant qu’il ne se lève, quitte la salle pendant quelques minutes, puis revienne avec une canne à pêche et traîne Stiles dehors pour pêcher. Parfois, il emmenait simplement Stiles à son atelier où il travaillait sur les commandes de meubles sur mesure que les gens avaient choisi au magasin de meubles que Derek avait au centre-ville et il écoutait Stiles parler pendant qu’il travaillait sur les meubles. C’était vraiment différent de la façon dont Rupert s’asseyait et l’écoutait parler, le regardant comme fasciné.

Au bout d’une semaine, Derek donna à Stiles le marteau qu’il avait utilisé pour fabriquer des chaises. « Va clouer quelque chose, » dit-il.

« Mais je pourrais avoir des échardes, » bredouilla Stiles. « Ça ferait mal. »

« Oui, c’est vrai, » convint Derek.

« Être blessé, c’est nul, » se plaignit Stiles.

« Non, être blessé fait partie de la vie, » corrigea Derek. « Va marteler quelque chose. »

Stiles prit le marteau et le fixa. Il ramassa un clou et Derek lui montra comment le tenir avec ses doigts et tapoter avec quelques coups légers du marteau, puis le frapper pour le reste du chemin.

Stiles aimait ça, en fait. Alors il mit un clou dans la planche juste à côté. C’était comme travailler avec du métal, mais c’était beaucoup plus dur de le mettre en ligne droite parce que le bois ne pouvait pas bouger comme le métal. Si vous faisiez une erreur, vous ne pouviez pas le faire fondre et tout recommencer, et si vous vouliez essayer de le démonter, cette erreur vous dévisagerait pour le reste de l’éternité.

Après une autre semaine, Derek lui montra comment faire une boîte. C’était beaucoup plus difficile qu’il n’y paraissait, parce qu’il fallait découper le bois et pour découper le bois, il fallait le mesurer. Derek avait dit qu’il fallait le mesurer deux fois avant de le découper et Stiles n’avait pas vraiment compris, mais cela s’était avéré vrai.

Derek construisait des armoires quand Stiles eut quatre planches de la même taille. Derek lui montra comment mesurer le contreplaqué pour le bas et le haut et il laissa même Stiles avoir quelques charnières pour que son couvercle de boîte puisse s’ouvrir et se fermer.

Derek lui montra comment brûler le bois de manière contrôlée, pour qu’il puisse faire des dessins dessus. Il avait un outil qui assombrissait le bois et il gribouilla sur sa boîte avant d’y mettre un grand « D » à côté d’un « P ».

Stiles sourit aux lettres et il les montra à Derek.

« Le « D » est pour quoi ? » lui demanda Derek en lui souriant.

« C’est parce que tu m’as montré comment faire la boîte, » dit Stiles en lui souriant juste parce qu’il le devait.

« Et à quoi sert le « P » ? »

« C’est pour mon nom… » dit Stiles, puis il fit une pause. Il avait presque dit son nom à quelqu’un qui n’était pas son compagnon. Il ne pouvait pas le croire. Il ne pouvait pas croire qu’il l’avait presque dit à Derek et se sentit rougir. Il attrapa la boîte et se précipita vers l’outil avec l’intention de gratter la lettre et de la transformer en quelque chose d’autre, un papillon ou n’importe quoi, mais Derek était juste derrière lui et lui enleva la boîte de la main.

« Stiles, » commença Derek, mais Stiles se mit à pleurer.

« J’ai une écharde, » dit Stiles en regardant les gouttes de sang qui coulaient de la paume de sa main. Il ne pleurait pas juste parce que ça faisait mal, il pleurait parce qu’il ne pouvait pas croire qu’il avait presque trahi son futur compagnon en disant à quelqu’un d’autre son nom.

« Stiles, » commença-t-il à nouveau, mais Stiles le regarda avec de grosses larmes aux coins des yeux et Derek soupira. Il tira la main de Stiles jusqu’à sa bouche et mordit l’écharde, la crachant sur le côté avant de lécher sa main.

Stiles haleta, la sensation de cette langue sur sa peau était électrique et la façon dont Derek le regarda dans les yeux quand il fit cela rendit le souffle de Stiles plus court. Derek déplaça lentement sa langue contre sa paume, ne clignant même pas des yeux, puis il les ferma et lécha une troisième fois, comme s’il savourait son goût ou quelque chose comme ça.

« J’aime ton initiale à côté de la mienne, » dit doucement Derek, avant d’ouvrir les yeux et de regarder Stiles. « Ne la change pas. »

Le cœur de Stiles battait si vite et si fort que cela faisait mal, mais Derek fit semblant de ne pas pouvoir l’entendre et s’éloigna de lui, retournant travailler sur les armoires qui devaient être installées dans quelques semaines. Il posa la boîte par terre où il se retrouva assis parce que ses jambes ne le retenaient plus et il fixa Derek en silence alors qu’il travaillait.

Il travaillait habituellement en jean et boots et il laissait tomber son T-shirt parce qu’il transpirait dedans de toute façon. Ses muscles bougeaient sous sa peau alors qu’il déplaçait les morceaux de bois, serrait les pinces et ajustait d’autres choses dont Stiles ne connaissait pas encore le nom. Stiles le regardait fixement alors qu’il utilisait un pistolet à clous électrique, le regardant secouer le corps de Derek avec le recul.

Stiles sentait son cœur battre vite et bégayer. Cela l’effrayait, plus que l’écharde qui était déjà en train de guérir. Il se demandait ce qui se passait et il devait réfléchir, mais il ne pouvait pas parce que Derek était juste là et qu’il était difficile de penser autour de lui en ce moment.

Stiles traversa le magasin, voulant rentrer chez lui. Il était presque à la porte quand Derek parla franchement.

« Stiles, » dit Derek. « Tu es très intelligent. Tu comprends beaucoup de choses. Mais les réponses dont tu as besoin, tu ne les trouveras pas sur un ordinateur. Certaines réponses ne peuvent être découvertes qu’en vivant. »

Stiles écouta, il n’entendit pas seulement les mots qui sortaient de la bouche de Derek. Il écouta Derek et avant de partir, il réalisa que le cœur de Derek battait aussi fort que le sien.

Il y avait beaucoup de choses que Stiles ignorait, il le savait. Il y avait beaucoup de questions qu’il avait peur de poser, beaucoup d’idées qu’il voulait prétendre ne pas avoir. Derek était seulement l’une d’entre elles.

Pourquoi les plus vieux faes se reproduisaient-ils à nouveau ? Pourquoi un dragon jurerait-il protection à un metalzauber alors que ces deux races étaient ennemis jurés depuis des millénaires ? Pourquoi le père de Stiles s’intéressait-il aux affaires des loups-garous et des métamorphes ? Pourquoi Stiles était-il encouragé à fréquenter des écoles humaines alors que la plupart des autres enfants de la réserve se contentaient d’attendre ? Pourquoi Stiles n’avait-il posé ces questions à personne ?

Pourquoi son cœur avait-il battu comme ça quand Derek l’avait léché ?

Stiles rentra et pour une fois, son père n’était pas entouré de dossiers et de papiers. Il était simplement assis à table, les yeux fermés et Stiles reconnut qu’il avait l’air très, très fatigué.

« Papa, » dit Stiles, en s’asseyant en face de son père.

Son père sorti simplement un flacon de whisky, souriant à son contenu. « De toutes les choses inventées par les Celtes, je pense que c’est ma préférée. L’Eau de Vie, c’est comme ça qu’ils l’appelaient. Ils étaient très amusants quand j’étais enfant, ils aimaient vraiment leur guède… »

« Papa, j’ai quelques questions, » commença Stiles.

« Tu as toujours eu des questions, » dit son père en sirotant son l’alcool.

« Papa… » Stiles se demandait par où commencer. « Pourquoi suis-je né ? »

Le shérif sourit en coin dans son verre. « Oh mon fils, qui ne pose pas cette question à un moment donné ? »

« Papa, ma mère était la dernière femme metalzauber, n’est-ce pas ? »

« Mmm… non. »

« Mais il n’y a plus de femme metalzauber dans le monde, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai, » dit le père de Stiles. « Mais ta mère n’était pas un metalzauber. »

« Quoi ? Je ne le suis qu’à moitié ? »

« Non, pas du tout, mon fils. » Son père sirota un peu plus à son verre. « Tu l’es totalement. Les fées n’ont pas d’enfants métis. Nos gènes sont porteurs ; soit tu l’es totalement, soit tu ne l’es pas. »

« Donc, cela ne signifie pas que mon compagnon sera un metalzauber ? »

« Ce serait difficile, à moins d’avoir un faible pour Zee ou Tad… Je ne sais pas qui est l’autre metalzauber, je n’ai entendu que des rumeurs à son sujet. »

« Mais cela signifie que peu importe avec qui je m’accouple, ils mourront longtemps avant moi, » dit Stiles, consterné.

« Pas nécessairement, » dit Rupert de la porte de la cuisine. « Tu pourrais t’accoupler avec quelqu’un qui est un autre type de fae. »

Stiles hocha la tête. « Et si je m’accouple avec quelqu’un qui n’est pas du tout fae ? »

« Il y a des moyens de le contourner, » dit le père de Stiles. « Il y a des sorts. Après tout, nous sommes magiques. »

Rupert fronça les sourcils. « Je sais comment faire vivre quelqu’un pour toujours, » dit-il. « Si tu trouves quelqu’un qui n’est pas un fae et que tu veux qu’il soit ton partenaire, dis-le-moi et je le corrigerai pour toi. » Il dit ces mots comme s’ils laissaient un mauvais goût dans sa bouche, comme s’il était obligé de les dire.

Stiles regarda Rupert pendant un moment. « Est-ce que tu détestes les metalzaubers ? »

Rupert partagea un long regard avec le père de Stiles puis il se procura un autre verre et s’assit à la table. Le père de Stiles lui tendit le whisky et Rupert se versa deux doigts avant de le siroter.

« J’ai passé la plus grande partie de mon enfance à me battre contre les vôtres, » dit Rupert. « C’est en partie la raison pour laquelle j’ai choisi de rester dans le corps d’un enfant aussi longtemps. Je n’aime pas particulièrement me battre. Quand j’ai été capturé, » dit-il comme si c’était une énorme blague, « et amené dans votre réserve, je ne m’attendais pas à voir votre famille. Et il n’y avait aucune raison pour le gouvernement américain de m’avertir ; la plupart des humains ne prennent pas la peine d’apprendre la politique des faes. »

Stiles acquiesça. Ce n’était pas comme si les humains devaient interagir avec les faes, vu comment ils les gardaient dans les réserves pour pouvoir prétendre qu’ils n’avaient pas à partager le monde avec eux.

« J’ai réagit par instinct. Les instincts d’un dragon veulent toujours que nous tuions les compagnons de metalzaubers d’abord, pour les rendre furieux, assombrir leur jugement, les rendre imprudents. Ton père, après que j’ai tué ta mère, a couru vers toi pour te tenir et te protéger, et je n’avais jamais vu un bébé metalzauber avant. Je n’avais pas pensé que votre espèce pouvait se reproduire. Je t’ai regardé et tu étais intrépide et beau, tes yeux étaient dorés et clairs, et je savais que je ne pourrais jamais te faire de mal. Ton père a parlé si vite, m’a expliqué combien tu étais précieux, mais il n’a pas eu à me le dire parce que je pouvais voir juste en te regardant que tu étais spécial. Alors j’ai juré de te protéger en tout temps. »

Stiles ne savait pas tout cela, mais il hocha la tête. Il avait tellement plus de questions maintenant et il n’avait pas toutes les réponses qu’il voulait. Mais il y avait des choses qu’il voulait découvrir par lui-même, alors il s’excusa et monta dans sa chambre, verrouillant la porte derrière lui pour ne pas avoir de compagnie.

Il savait que la réponse de Rupert était une non-réponse. Ce n’était pas vraiment une bonne explication de pourquoi un dragon protégerait l’un des siens et il savait qu’il y avait des choses qu’on ne lui disait pas. Les faes étaient rarement directes lorsqu’ils répondaient à une question, mais aucun d’entre eux n’était capable de mentir sans conséquences graves. Les humains semblaient faire une blague sur « Avec un grand pouvoir vient une grande responsabilité », mais en Faerie le dicton allait plus dans le sens « Un grand pouvoir entraîne une grande noirceur si ce pouvoir est abusé et voici cinq cents règles sur ce que tu peux et ne peux pas et ne devrais pas faire dans toutes les situations auxquelles nous pouvons penser et toutes les circonstances que tu pourrais rencontrer. »

Stiles décida donc de penser à quelque chose d’un peu plus simple. Derek. Il était possible que Derek soit son compagnon et si c’était le cas, il allait devoir agir rapidement parce que Derek n’allait pas vivre très longtemps. Il n’avait qu’environ deux cents ans, à moins qu’il négocie une faveur de Rupert pour le faire vivre plus longtemps. Il ne voulait pas penser au prix qu’il aurait à payer pour obtenir cette faveur de Rupert et il souhaita soudainement pouvoir traiter en papier-monnaie comme les humains le faisaient pour gagner des faveurs. Rupert n’allait rien lui donner pour du papier, Stiles le savait.

Il était possible qu’il aime juste Derek. Les fées étaient connues pour avoir des engouements passagers avec les mortels, qui brillaient vivement parce que leurs vies étaient si courtes. Stiles avait été averti, avant de quitter la réserve, que la plupart des gens qu’il verrait dorénavant auraient un aspect très brillant. C’était difficile à décrire, mais plus la durée de vie d’une personne était courte, plus son énergie semblait poussée vers l’extérieur.

Et Derek était brillant. L’énergie de Derek remplissait Stiles de quelque chose de merveilleux et de terrible en même temps. Stiles en voulait plus, il voulait se rouler dedans et en réclamer une partie pour lui-même. L’énergie de Derek était apaisante et il y avait des soupçons d’obscurité, quelque chose qui semblait faire réagir Stiles de beaucoup de manières différentes.
Et alors qu’il pensait à la langue de Derek glissant contre sa peau, la façon dont Derek l’avait regardé dans les yeux pendant qu’il le léchait, la façon dont les longs cils de Derek avaient flotté contre ses pommettes hautes à la fin, le corps de Stiles répondit d’une manière très physique.
Peut-être que penser à Derek n’était pas plus simple que de penser à la politique des fées.

Chapter Text

Il était en classe d’histoire quand le professeur demanda finalement à Stiles de prendre la relève.

« Il y a différents types de faes ? » demanda un des enfants.

Le professeur se contenta de regarder Stiles et il pouvait voir non seulement la curiosité, mais aussi une profonde, profonde fatigue des enfants qui posaient des questions auxquelles il ne connaissait tout simplement pas la réponse.

« Bien sûr, » dit Stiles. « Comme il y a différents types de métamorphes ? Différents types d’humains ? »

« Je pensais que vous étiez tous comme la Fée Clochette, » dit un des enfants.

« Je ne suis pas une pixie, » déclara Stiles.

« Quels genres de faes y a-t-il, alors ? »

« Eh bien, vous avez différents types de base : brownies, pouka, elfes, gnomes, gremlins, et puis vous avez différentes… affiliations politiques : les Seelie et les Unseelie… »

« Des affiliations politiques ? » demanda une fille. « Est-ce que ça rend un fae différent ? »

« Oui, » dit Stiles. « Je suis de la Cour Seelie. Nous croyons qu’il faut maintenir l’équilibre, cultiver la magie chez les humains et les faes, encourager la croissance de la magie et des éléments. Ensuite, vous avez les Unseelie, qui cherche le pouvoir et la destruction, ils marchent avec la Mort et n’aiment rien de plus que de tuer toute créature qui n’est pas Unseelie. »

« Ils ne pourraient pas tuer d’humains » se moqua l’un des adolescents dans la salle.

« Bien sûr que non, » dit Stiles. « Nous les avons bloqués en Faerie. Ils ne peuvent pas s’échapper. Nous avons gagné notre dernière guerre avec eux et ils nous doivent donc dix mille ans de servitude. »

« Mon père a dit que toi et ton père faites partie des faes les plus puissants qui existent, » parla une des filles les plus calmes du fond de la salle.

Stiles la regarda. « Remercie ton père pour le compliment, » dit Stiles.

« À quel point une fée peut-elle être puissante ? » demanda le garçon moqueur.

La fille tranquille, Stiles pensait qu’elle s’appelait Erica, parla. « Mon père a dit que tu étais un esprit de métal. »

Stiles la regarda un peu plus. « Ton père connaît les vieilles histoires. »

« Mon père a dit que tu es l’un des plus puissants fae, » dit Erica.

« Si tu es si puissant, » dit le garçon. « Montre-nous quelque chose. »

Le reste de la classe fixait Stiles, attendant avec espoir ou mépris.

« Stiles n’a rien à vous prouver, » dit Lydia. « Je l’ai vu se battre et… »

« Tais-toi, chien, » dit le garçon.

Jackson grogna au fond de la classe, commençant à se lever de son siège.

« Non, » dit Stiles, « Attends. » Il tendit la main, cherchant quelque chose. « Toute magie a un prix. Tu me devras pour cette faveur. » Trois canettes d’aluminium volèrent de la corbeille à la main tendue de Stiles. Il les écrasa instantanément en une petite boule, qu’il tint entre ses mains. Il souffla dans ses mains, moulant le métal, imaginant son travail avant de le lâcher : une minuscule abeille mécanique, battant ses fines ailes métalliques pour s’envoler vers le garçon qui regardait avec la bouche ouverte.

Avant que l’abeille ne puisse atterrir sur le garçon, elle fut projetée dans les airs avec une petite boule de flamme. Elle tomba, fumante, jusqu’au carrelage de la salle de classe. « Stiles, » cria Rupert, appuyé contre la porte de la salle de classe. « Nous ne faisons rien pour amuser les enfants. »

Le garçon moqueur commença à rire de Rupert, mais Stiles put voir son cerveau réfléchir sur le fait que Rupert venait de cracher du feu à travers la classe avec une précision effrayante. « Je voulais juste savoir ! » cria-t-il, un peu nerveux.

« Si tu voulais savoir, tu aurais dû écouter les histoires que tes parents te racontent. Je sais que depuis l’arrivée de Stiles, ils ont dû t’avertir chaque nuit avant que tu ne dormes de ne pas tenter le fae, » dit Rupert en s’arrêtant pour jeter un coup d’œil au professeur.

« Gamin, pourquoi n’es-tu pas en classe ? » Le professeur tenta de répondre.

« Je suis déjà allé à l’école, » dit Rupert. « Mon professeur s’appelait Sun Tzu. Peut-être avez-vous entendu parler de lui ? Et je sais qu’avant que Stiles n’arrive ici, il y a eu une conférence obligatoire des enseignants où on vous a dit de ne jamais juger un fae par son apparence. De toute façon, vous ne verrez pas Stiles durant le reste de la semaine, parce qu’après cette cascade enfantine, il y a certaines choses qu’il a apparemment besoin d’apprendre. »

« Il ne peut pas être aussi puissant de toute façon, » poursuit le garçon. « S’il ne peut faire qu’une abeille… »

Rupert jeta un coup d’œil au garçon. « Il ne crée des choses que parce qu’il est Seelie. Il est imprudent de tenter un fae, surtout l’un de ceux avec les pouvoirs de Stiles. J’ai vu l’un des siens choisir, au lieu de créer, de tirer le fer du sang d’un humain pour le tuer instantanément et c’était un des membres les plus faibles. Ne pensez jamais que vous seriez capable de battre un fae, surtout un esprit métal comme Stiles. Toi. » Rupert se retourna vers l’enseignant. « Tu aurais dû mieux enseigner à tes enfants. »

L’enseignant était légèrement paniqué, mais Stiles s’avança. « Allez, Rupert, si tu es venu me chercher, allons-y. Arrête de leur faire peur. »

« Ils devraient apprendre un peu de respect, » cracha Rupert.

« Oui, je suis sûr qu’ils le feront. Écoute, je ne ferai de mal à personne, » dit Stiles en regardant le garçon dont le visage était pâle et légèrement vert. « Je suis désolé d’avoir utilisé la magie et je n’ai pas l’intention de le refaire à l’école. J’espère que vous passerez tous une bonne fin de semaine et je vous verrais tous lundi. »

La classe fixa Stiles ramasser ses affaires, puis traîner Rupert hors de la salle.

« Il y a une raison pour laquelle tu n’es pas autorisé à fréquenter l’école avec moi, Rupert, » dit Stiles.

« Ils devraient te craindre. Les humains avaient l’habitude de craindre ton espèce… »

« La peur ne me fera pas gagner d’amis, Rupert, et je pensais que c’était le but d’aller à l’école en premier lieu. » Stiles jeta un coup d’œil à son meilleur ami.

Rupert bouda et Stiles le poussa dans sa Jeep. Ils roulèrent jusqu’à la maison où le père de Stiles les attendait déjà avec Derek.

Stiles prit une grande respiration avant de sortir de la Jeep. « Dans quel pétrin tu penses que je suis ? »

Rupert regarda son père et Derek sur le porche. « Euh... j’ai peut-être été envoyé à l’école juste pour venir te chercher. Ils ne savent peut-être pas pour le petit… incident que nous venons d’avoir. Tu ne voudras peut-être pas en parler jusqu’à ce que cette partie soit terminée... »

« Quelle partie ? » demanda Stiles.

« Tu verra, » dit Rupert en sortant de la Jeep.

« Stiles, je suis content que tu sois là, » dit son père depuis l’autre côté de la cour. « Tu pars en voyage avec Derek jusqu’à Washington pour passer du temps avec Zee. »

Si Stiles lança un regard bizarre à son père, c’était surtout parce que l’homme ressemblait à l’un de ces animateurs de télévision pour enfants qui semblaient avoir pris beaucoup trop de méthamphétamine. Derek semblait mal à l’aise avec la réaction de Stiles, qui était un croisement entre l’agacement et la colère.

« J’y vais aussi, » annonça Rupert.

« Non, tu restes ici avec moi. Derek sera très bien pour chaperonner Stiles et il pourra s’occuper de lui comme il faut. Je paie pour qu’ils restent dans une chambre d’hôtel. Et il y a une piscine. Vous pouvez vous en servir, si vous voulez. Et je peux demander à l’hôtel de livrer de la nourriture dans votre chambre, si vous le souhaitez... »

Stiles avait l’impression que son père essayait de lui arranger un rendez-vous avec Derek, mais ce serait de la folie si c’était le cas, parce qu’il n’y avait aucun moyen que son père essaie de le mettre avec quelqu’un qui n’était pas son compagnon, n’est-ce pas ?

« Écoute, peut-être que Rupert devrait l’accompagner, » commença à dire Derek.

« Non, Stiles a besoin de quelqu’un qui a l’air plus âgé et j’ai besoin de Rupert avec moi, » dit le shérif. « Alors monte faire tes valises, Stiles. Derek a dit que vous pouviez prendre sa voiture. »

Stiles fit comme son père lui dit et alla se faire un sac, qui contenait déjà mystérieusement des préservatifs. Stiles paniqua, regarda autour de lui pour trouver un endroit où les cacher, mais Rupert l’interrompit. « Fais attention, » dit-il. « Si tu as besoin de moi, tu peux simplement appeler mon nom. Tu sais que je t’entendrai. »

« Je sais, » dit Stiles en jetant des vêtements sur les choses qu’il voulait cacher. Comment allait-il s’en débarrasser sans que personne ne le découvre ?

« Ne fais rien qui te mette mal à l’aise, » dit Rupert. « Dire non n’est pas un signe que tu as peur ou que tu es faible et tu ne devrais pas avoir l’impression de devoir faire quoi que ce soit que tu ne veux pas faire. »

« De quoi tu parles ? » Stiles essaya de la jouer stupide et naïf, tout en paniquant au sujet des préservatifs. Il mit des chaussettes et des sous-vêtements sur ses vêtements, puis il plaça son ordinateur portable dans le sac avec le chargeur au-dessus du tout. Oh mon Dieu, et si les préservatifs tombaient pendant qu’ils étaient dans la chambre d’hôtel ? Comment pourrait-il expliquer ça à Derek ?

Non pas qu’il ne voulait pas en parler avec Derek, se rendit-il compte avec désarroi. Parler de préservatifs avec Derek semblait tout simplement… vraiment sexy pour Stiles. Comme si c’était interdit ou quelque chose comme ça et cette pensée...

« Est-ce que tu m’écoutes ? » lui demanda Rupert.

« Quoi ? Oui, ouais, j’écoute. Dire simplement non, ne pas parler à des étrangers, mâcher ma nourriture cent fois avant d’avaler… »

« Ça ne sert à rien, parler avec toi ne sert à rien ! » Rupert leva les mains au le ciel et tomba à la renverse sur le lit de Stiles.

Bien sûr, Derek profita de l’occasion pour passer sa tête dans la chambre de Stiles et il jeta un coup d’œil à Rupert étendu sur le lit. « Tu es prêt, Stiles ? » demanda-t-il et le cœur de Stiles tomba au fond de son estomac quand il entendit que la voix de Derek avait chuté de presque une octave quand il parla.

« Ouais, » dit Stiles en remontant sa capuche autour de ses oreilles pour que Derek ne puisse pas voir à quel point elles étaient rouges après avoir pensé à Derek et aux préservatifs. « Ouais, allons-y. »

« Souviens-toi de ce que j’ai dit ! » lança Rupert après eux.

Derek attendit qu’ils montent dans la voiture. « Qu’est-ce qu’il a dit ? »

« Je ne sais pas, je n’écoutais pas, » dit Stiles. « Je veux dire, je sais que je devrais, Rupert est essentiellement ma mère... »

« Tu penses à Rupert comme à ta mère ? » lui demanda Derek en regardant pour le fixer même si ses yeux auraient dû être sur la route.

« Ouais, je veux dire, je sais que c’est un mec et mon meilleur ami et qu’il a l’air d’avoir le même âge que moi, mais il a été ma mère toute ma vie. »

Derek se mit à sourire à ces mots et Stiles n’avait aucune idée de pourquoi. Il ne s’en souciait pas particulièrement, non plus, parce qu’il aimait vraiment quand Derek souriait. Peu importe la raison, ça le faisait se sentir bien.

Il raconta à Derek que Rupert était venu à l’école et l’avait embarrassé devant toute la classe comme le ferait une mère et Derek rit de l’histoire. Il riait honnêtement et Stiles se sentit fier de lui-même pour avoir obtenu une telle réaction. Il aurait aimé être plus embarrassé qu’à cette occasion pour que Derek rie encore comme ça, mais il ne pouvait pas penser à un moment où cela avait été si accentué.

Le voyage s’avéra très amusant. Ils avaient quelques airs de repos sur le trajet et c’était agréable pour Stiles de faire une petite sieste et de se réveiller avec Derek juste à côté de lui. Il se sentait en sécurité de cette façon et il avait dépassé le stade du questionnement.

Ils arrivèrent dans les Tri-Cities vers dix heures ce soir-là et Stiles les enregistra pendant que Derek garait la voiture. Il arriva à la chambre juste à temps pour que Derek porte les sacs jusqu’à la chambre et il ouvrit la porte.

« Euh… Derek, » dit Stiles. « Je pense qu’il y a eu une erreur. Il n’y a qu’un lit. »

Derek rougit, ce qui fit rougir Stiles et ils regardèrent partout ailleurs sauf vers l’autre. « Je vais voir si on peut mettre un lit de camp ici ou quelque chose du genre, » balbutia Derek et il quitta la pièce assez rapidement.

Stiles appela son père. « Papa, » siffla-t-il au téléphone. « Tu nous as loué une chambre avec un seul lit ! »

« Oh, » dit le père de Stiles. « J’ai fait ça ? »

« Papa ! » cria Stiles au téléphone.

« Essaye juste de ne pas le frapper dans ton sommeil, d’accord ? » Le shérif rit au téléphone avant de raccrocher au nez de Stiles et de ne pas répondre pas quand Stiles l’appela encore et encore.

« Apparemment, » dit Derek, toujours sans regarder Stiles. « Ils n’ont plus de lits de camp et l’hôtel est complet pour la nuit. La réceptionniste m’a dit que j’étais plus que bienvenu pour partager son lit, si tu es si mal à l’aise... »

« Stupide réceptionniste, » murmura Stiles. « Non, on va juste… » Stiles fit un geste inutile vers le lit. « Je peux rester de mon côté. »

Derek hocha la tête, puis rit. « Ce n’est pas grand-chose. »

« Ouais, j’ai surréagi, » acquiesça Stiles, souhaitant que ce soit tout et pensant que ce n’était pas forcément un mensonge parce que c’était ce que Derek pensait vraiment. Derek n’aurait jamais eu ces pensées, Stiles n’était même pas dans son collimateur de cette manière. Évidemment, pas s’il pensait que partager un lit avec Stiles n’était pas si grave.

Ils se firent livrer une pizza et mangèrent en regardant le baseball. Stiles n’en savait pas beaucoup sur ce jeu, mais Derek était obsédé, il pouvait critiquer tout ce que les joueurs faisaient et Stiles finit par vraiment aimer regarder. Ou peut-être qu’il adorait regarder Derek devant le baseball, parce que son visage s’animait dès qu’il y en avait quelque part. Stiles apprit des choses très importantes sur le baseball, comme le fait que les Twins étaient la meilleure équipe de tous les temps, que quiconque disant le contraire avait manifestement quelque chose qui ne tournait pas rond chez eux et que l’on ne devait jamais, jamais sous-estimer un gaucher à la batte. Stiles n’était pas sûr de ce que cela signifiait, mais il y croyait parce que Derek y croyait. Il vérifierait sur Internet le lendemain.

Stiles sentit ses paupières tomber vers la neuvième manche, alors qu’il était évident que les Twins gagnaient de toute façon et il sentit Derek se lever du lit et aller à la douche. Stiles était étalé sur le lit au moment où Derek sortit et il était vaguement conscient des publicités à la télé quand Derek l’éteignit et tira les couvertures autour de Stiles et lui-même. Il se blottit immédiatement dans la chaleur de Derek et tomba dans un sommeil profond, en toute sécurité parce que le bras de Derek était autour de lui et sa tête était sur la poitrine de Derek.

Se réveiller le lendemain matin fut pour le moins une leçon d’humiliation. Stiles avait bavé et ne savait pas s’il devait utiliser sa main pour essuyer la salive de la poitrine de Derek ou s’il devait juste prétendre qu’elle n’était pas là, alors il tricha et y frotta sa joue rapidement avant de sortir du lit pour prendre une douche. C’était dégueu, mais il espérait que ça sécherait plus vite de cette manière et que Derek ne le saurait jamais.

Bien sûr, Stiles se souvint que Derek était un loup-garou et qu’il pouvait probablement sentir sa désagréable salive matinale partout sur son torse, mais il était sous la douche à ce moment-là et Derek ne viendrait probablement pas pour le tuer alors qu’il était nu. Il attendrait que Stiles soit habillé, n’est-ce pas ? Les gens civilisés n’attendaient-ils pas au moins jusqu’à ce qu’ils aient un pantalon avant de tuer quelqu’un ?

Quoi qu’il en soit, Stiles décida de faire avec et sortit une fois habillé, seulement pour trouver Derek faisant des pompes sur le sol de l’hôtel. Torse nu. Avec tous ses muscles. S’il n’avait pas déjà convoité Derek pour de petites choses avant cela, alors cela aurait probablement bien marché.

Stiles se dit qu’il pouvait la jouer cool avec Derek dans les parages, alors il fouilla dans son sac, en évitant soigneusement les préservatifs au fond, et y récupéra sa brosse à dents et son dentifrice pour s’approcher de l’évier comme s’il n’avait pas eu la plus grosse érection de sa vie cachée dans son pantalon. Ouais, il pouvait faire de son mieux pour faire semblant, décida-t-il, en se regardant dans le miroir.

« Merci pour la bave, » dit Derek en arrivant derrière Stiles avec sa propre brosse à dents. Il vola du dentifrice à Stiles et le regarda en se brossant les dents.

« Ouais, euh... désolé pour ça, » dit Stiles.

Derek lui sourit en coin, puis ils crachèrent leur dentifrice et se battirent un peu pour rincer leurs brosses.

« Chez Zee, alors ? » demanda Stiles, essayant d’agir comme si tout ce qui venait de se passer ce matin n’était pas grand chose ou pas du tout embarrassant.

« Allons-y. » Derek haussa les épaules.

Ils montèrent dans la voiture de Derek et roulèrent un peu, s’arrêtant pour prendre des beignets, du café et du jus d’orange. Ce n’était pas une très grande zone, même si on l’appelait les Tri-Cities, donc il ne fut pas difficile de trouver le garage de Zee.

Ils sortirent de la voiture et se rendirent à pied jusqu’au bureau en désordre, où deux enfants hispaniques faisaient leurs devoirs. « Zee est là ? »

« Non, » lui dit le garçon assis au bureau. « M. Zee n’est plus propriétaire de ce garage. »

« Qui l’est ? » lui demanda Derek, confus.

« Que faites-vous sur ce territoire ? » demanda une femme depuis la porte du garage, essuyant ses doigts graisseux sur une serviette encore plus graisseuse.

« Je cherche Zee, c’est tout, » dit Derek, les mains levées.

« Est-ce que l’Alpha sait qu’il y a un loup-garou étranger ici ? » demanda la femme. Elle avait la peau foncée et les cheveux noirs, mais ses os étaient complètement caucasiens. Stiles pouvait dire qu’elle ne sentait pas humain et il fut immédiatement en alerte.

« Je n’ai jamais annoncé ma présence à l’Alpha ici auparavant, » dit Derek. « Si tu pouvais me donner son numéro, je corrigerais ça immédiatement. Cependant, ce n’est pas souvent qu’un Alpha laisse courir un coyote sur son territoire… »

« Arrangement spécial, » dit la femme. « Je suis Mercy. »

« Derek. Derek Hale, » Derek prit sa main tendue et la secoua. « Nous sommes juste en ville parce que mon ami Stiles veut parler à Zee. »

Mercy regarda Stiles, l’évaluant. « Tu es comme Zee, » dit-elle, un peu surprise.

« Euh… oui ? » dit Stiles, en détestant que sa voix craquèle.

« Tiens, » dit Mercy, penchée sur son bureau pour écrire sur un carnet. « C’est le numéro d’Adam, c’est l’Alpha ici et c’est le numéro de Zee. Tu ferais mieux de l’appeler rapidement parce que les loups d’Adam sont partout en ville. »

« Ils ne vivent pas dans une réserve ? » demande Stiles.

« Ce n’est pas obligatoire et Adam est le deuxième du Marrok. »

« Stiles ne va pas savoir ce que c’est, » dit Derek. « Il a grandi à Toad Suck. »

Mercy écarquilla les yeux. « Tu es Stilinski ? »

« Je suis son fils, » dit Stiles.

« Non, tu es Stilinski, » expira Mercy. « Je vais appeler Zee moi-même, si tu veux y aller et parler à Adam. Dis-lui de m’appeler pour que je lui explique la situation s’il te donne du fil à retordre. »

Derek hocha la tête et regarda Mercy pendant un instant. « Tu es le coyote de Marrok ? »

« Je suis à moi-même, » dit sèchement Mercy.

« Oui, oui bien sûr. » Derek n'allait pas se battre avec elle. Il lui fit signe en tenant sa feuille. « On va te laisser. »

Mercy hocha la tête, mais elle fixa Stiles quand ils quittèrent le garage.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » demanda Stiles à Derek.

« Qui sait ? » dit Derek, mais Stiles avait l’impression qu’il en savait peut-être un peu plus qu’il ne le disait.

Chapter Text

Derek put à peine dire bonjour à Zee avant de rejoindre Adam pour une réunion. Ça ne dérangeait pas Stiles, parce qu’il y avait beaucoup de choses dont il voulait parler à Zee et certaines d’entre elles auraient été embarrassantes devant Derek.

Zee ressemblait à un vieil homme dégarni avec de longs cheveux blancs et portant une vieille paire de jeans et un débardeur. Son gros ventre semblait étrange pour son corps mince, mais Zee pensait que c’était amusant de ressembler à ça et qui était Stiles pour lui dire qu’il ferait mieux de trouver un meilleur glamour ? Il l’avait vu sans son glamour de toute façon et il était très intimidant, alors peut-être qu’il voulait juste ressembler à un vieux hippie parce que ça rendait les gens plus à l’aise.

Zee avait une bouteille de whisky à la main et était assis sur le porche avec Stiles. « Alors, ton père a pensé que ce serait une bonne idée de venir me voir ? Tu as dû découvrir quelque chose que tu n’aurais pas dû. »

Stiles haussa les épaules, sirotant le thé sucré que Zee lui avait donné. Personne ne le faisait correctement en Californie et il appréciait que Zee se soit rendu compte que ça lui avait manqué. « Je ne sais pas. Je pense qu’il essaie de me tenir à l’écart de tout ce truc de traité qu’il est en train d’établir avec les gens de Beacon Hills. Il m’envoie souvent ailleurs. »

« Cet Alpha qui t’a déposé a quelque chose à voir avec cette décision ? » Zee regarda l’endroit où avait été garée la Camaro de Derek.

« Je ne sais même pas, » dit Stiles. « Cette femme au garage, Mercy ? »

« Mercedes, ma mécanicienne spécialisée en Volkswagen. » Zee soupira le nom comme un parent qui devait traiter avec un enfant endormi au milieu d’un magasin et que son nom n’était pas une blague en soi. « C’est une métamorphe. »

« Ouais, elle a dit mon nom comme si elle savait qui j’étais. Pourquoi ? »

« Tu n’as pas compris à quel point tu es célèbre ? » Zee rit. « Pour un garçon si brillant, je suis choqué que tu ne l’aie pas encore fait. »

« Désolé, je pensais que tout le monde savait qui j’étais à Toad Suck parce que, eh bien, il y a moins de 200 personnes là-bas. Et puis j’ai pensé que tout le monde savait qui j’étais à Beacon Hills parce que mon père a été appelé pour arbitrer quelque chose... »

« Stiles, les gens te connaissent parce que tu représentes quelque chose d’important, » dit Zee. « Ça n’a rien à voir avec l’endroit où tu as grandi, ni avec ton père. Toi, surtout pour ceux qui savent, tu es le symbole de quelque chose, tout autant qu’un présage. »

« Quoi ? » demanda Stiles. « Mais ça veut dire quoi, ça ? »

« Que sais-tu de ta mère ? »

« Eh bien, je viens de découvrir qu’elle n’était pas une métalzauber, » dit Stiles. « Sinon, elle était ma mère. Papa a dit qu’elle m’aimait beaucoup et qu’elle était un être très puissant, et qu’elle est morte. Il ne dit pas grand-chose d’autre sur elle. »

« C’est dommage, » déclare Zee. « Pourquoi tu ne me dirais pas plutôt d’où viennent les bébés ? »

« Quoi ? » crie presque Stiles. « Tout le monde le sait. Amour et magie... »

« Et les bébés humains ? D’où viennent-ils ? »

« Eh bien, la plupart des humains n’ont pas de magie, » tente-t-il de comprendre.

« Les humains se reproduisent avec le sexe. Ne me demande pas comment, ça n’a pas beaucoup de sens pour moi, mais c’est comme ça qu’ils font. Dis-moi comment les dragons se reproduisent. »

« Ils ont juste besoin de magie, » dit Stiles, lentement.

« Magie et sagesse, » acquiesça Zee. « C’est pourquoi Rupert n’a pas eu d’enfants. Il est vieux, mais il n’est pas sage. Il court trop alors qu’il a besoin de s’asseoir et d’apprendre. Alors dis-moi, qu’est-ce que ta mère était ? »

Stiles réfléchit pendant un certain temps. « Je ne sais pas, je n’ai jamais rencontré ses parents. »

« Tu ne le feras jamais, » dit Zee. « Ta mère était faite de magie. »

« Ma mère était un dragon ? »

« Non, » dit Zee. « Bien que Rupert l’ait peut-être vu de cette façon, après l’avoir tuée. Il a eu des remords, pour la première fois de sa vie, quand il a pris la vie de ta mère. Il avait tué quelqu’un qui aurait pu comprendre ce qu’il était, qui aurait pu sympathiser avec le fait d’être la seule créature encore faite de pure magie. »

« Je ne comprends absolument pas où tu veux en venir, Zee. »

« Combien d’enfants il y avait à Toad Suck quand tu es parti, Stiles ? » lui demanda Zee comme s’il ne l’avait pas du tout entendu.

« Il y en avait neuf plus jeune que moi, » dit Stiles.

« À quelle fréquence les Faes choisissent-ils d’avoir des enfants? » 

« Pas souvent, » dit Stiles. « Il faut beaucoup de magie pour avoir des enfants. Je ne pourrais pas le faire, » se jaugea-t-il.

« Pourquoi penses-tu qu’il y avait tant d’enfants, s’il y avait moins de deux cents Faes sur Toad Suck ? »

Stiles haussa les épaules. « Je n’en ai aucune idée. »

« Alors laisse-moi te demander ceci, » dit Zee. « Qu’est-ce qui garde les Unseelies en Faerie ? »

« Le Sceau, » dit Stiles. « Ils ont été Scellés par Merlin le Magicien après la Guerre des Dragons. » Stiles connaissait au moins cette réponse.

« De quoi était fait le Sceau ? »

« Magie. »

« Alors, » dit Zee, en regardant enfin Stiles. « Quel être magique est récemment mort, poussant certains des Faes les plus puissants au monde à avoir des enfants à un rythme effarant malgré le coût pour eux-mêmes ; et ayant pour conséquence le fait qu’un dragon jure allégeance à la descendance d’une race contre laquelle son genre était allé à la guerre, anéantissant ainsi tous sauf lui-même ? »

« Ma mère était le Sceau ? » demanda Stiles. Il sentait son cœur battre rapidement et il aurait soudainement aimé que Derek soit près de lui pour le réconforter.

« Ta mère était le Sceau, » confirma Zee. « Ton père et ta mère se sont tellement aimés qu’ils ont voulu t’avoir, même si cela ébranlait sa capacité à garder les Unseelies hors de cette réalité et tu es maintenant la seule chose qui se tient entre notre monde et eux. »

Stiles s’affala dans son siège, agrippant fortement sa tasse de thé. « Zee… »

« Le Sceau ne tiendra pas, nous sommes en fait surpris qu’il ait tenu aussi longtemps, » dit Zee. « La grâce de ta mère prend fin, mais aucun de nous ne sait quand ni comment cela arrivera. Nous nous attendions à une attaque dès ta naissance et ensuite à une attaque quand ta mère a été tuée. Personne ne sait ce qui brisera le Sceau parce que Merlin n’a jamais rien écrit à ce sujet et il n’a même pas dit à son professeur Rupert ce qu’il y a mis. C’est peut-être ton anniversaire, c’est peut-être la première fois que tu feras l’amour, c’est peut-être la première fois que tu feras face à un Unseelie qu’il se brisera. Ce n’est pas de ta faute et personne ne te reprochera jamais ce que tu feras, car ton existence même nous donne le temps de nous préparer à une guerre comme celle que cette réalité n’a pas connue depuis très, très longtemps. »

Stiles fixa Zee. Il se demanda comment il était censé répondre à ça parce qu’il n’en avait absolument aucune idée. « Tu penses que ça pourrait arriver n’importe quand ? »

« Je pense que tu devrais te concentrer sur la séduction de ce jeune homme qui t’a regardé comme si tu étais de la crème glacée un jour de canicule, » déclara Zee. « Crème glacée au chocolat. »

« Tu penses... »

« Si sa rencontre avec Adam se passe bien, le Marrok pourrait nous soutenir dans cette guerre, si tu le séduisait. »

« Qui est le Marrok ? Et vous voulez que je séduise Derek pour des raisons politiques ? »

« Le Marrok est l’alpha de l’Amérique du Nord, » dit Zee. « Peu importe la puissance d’un loup-garou, ils lui répondent tous. Il est venu dans l’Ouest avec Lewis et Clark, il s’est marié dans une tribu ici et est resté. Lorsque tous les autres ont accepté d’aller dans les réserves, le Marrok a dit qu’il refusait et ce n’est pas comme si le gouvernement américain pouvait vraiment nous forcer à faire quelque chose comme ça sans notre plein consentement. La plupart d’entre nous avons choisi de le faire pour que le gouvernement puisse penser qu’ils ont le contrôle, mais après le traitement que le peuple de sa femme a reçu dans les réserves indiennes, le Marrok n’allait certainement pas se conformer à cette idée. Ça aurait été plus facile pour nous tous s’il l’avait fait, cependant.

« Le Marrok est né au même endroit que Merlin, mais quelques siècles plus tard. Il est vieux et puissant, et il a nommé Adam Hauptman comme son second. Derek ne fera peut-être qu’informer le Second qu’il visite son territoire, mais il pourrait en faire plus s’il est respectueux et fait bonne impression. Les loups-garous seraient de puissants alliés contre la cour Unseelie. Mais même s’il ne le fait pas, Stiles, tu devrais quand même le séduire. La passion et l’amour ne sont pas des choses à ignorer sans bonne raison, et si cela ne suffit pas comme argument en soi, alors la politique le sera. Derek Hale vient d’une vieille famille, l’une des rares qui donne encore naissance à des enfants loup-garou. Ils sont bien respectés par la plupart des loups-garous et beaucoup n’auraient pas besoin de beaucoup de persuasion pour les suivre dans la guerre, surtout si la meute se vante à la fois d’un metalzauber et d’un dragon. »

« Quel est le nom du Marrok ? » demanda Stiles, ne voulant pas vraiment discuter de stratégies ou de possibilités de séduction avec Zee.

« Bran. Ironique, n’est-ce pas, qu’il s’appelle Corbeau dans la vieille langue ? »

« Et Mercy est au Marrok ? » demanda Stiles.

« Le père de Mercy était un métamorphe, un coyote. Pas un marcheur de peau, tu sais que ce sont deux choses terriblement différentes, n’est-ce pas ? »

Stiles leva les yeux au ciel. « Bien sûr que je le sais. »

« La mère de Mercy ne savait pas quoi faire avec un coyote dans son berceau, mais elle connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un et elle a conduit Mercy chez le Marrok. Il était prêt à l’accueillir, même si tout le monde sait que les loups-garous ne s’entendent pas avec les métamorphes. C’est une autre chose que tu devrais garder à l’esprit, Stiles. Quand tu iras à la guerre, il y aura des parents qui mourront. Mais il y en a d’autres qui élèveront leurs enfants avec fierté, d’autres qui ont un cœur assez grand pour ne pas laisser les orphelins de guerre seuls. »

« Zee, est-ce que tu insinues que je vais faire la guerre et que d’autres me suivront ? » demanda Stiles, mais il connaissait déjà la réponse.

« Qui d’autre la cour Seelie qui se chamaille tout le temps choisirait-elle de suivre ? Notre espèce est particulièrement talentueuse pour la guerre, c’est dans notre sang. Bien sûr, pour la plupart, les nôtres préféreraient être coincée dans une forge ou dans une bibliothèque, mais une fois engagée, nous faisons des généraux effrayants. C’est pourquoi c’est nous qui avons gagné la Guerre des Dragons, que nous sommes l’espèce que ton dragon déteste le plus. »

« Pourquoi moi ? Pourquoi pas Tad, ton fils ? »

« Tad a déjà dit qu’il t’aidera. Mais Stiles, Tad n’est pas le fils du Sceau. Tad n’est pas celui qui a retenu les Unseelie pendant seize ans. »

« Comment peut-on savoir que c’est moi et pas quelque chose d’autre qui les en a empêchés ? »

« Parce que Stiles, ceux qui peuvent voir la magie peuvent dire d’où elle vient. »

« Mais cela ne fait-il pas de moi une cible ? »

« Je suis sûr que tu n’as jamais été attaqué sans raison valable ? » demanda Zee avec un mouvement de sourcil bizarre et Stiles se souvint de la nuit où il s’était précipité chez Derek.

« Il y a une fois où les loups-garous ont attaqués la maison de Derek et nous ne comprenions pas pourquoi, » chuchota Stiles.

« La cour Unseelie met ses liens à l’épreuve, » dit Zee en pensant à haute voix.

« Hm, » dit Stiles. À ce moment-là, Derek s’arrêta dans sa Camaro et Stiles fit ses adieux à Zee. Cela lui avait semblé n’être que quelques minutes passées ensemble, mais lorsqu’il regarda son téléphone, il fut surpris de voir que cela faisait en fait environ trois heures.

« Garde à l’esprit ce que j’ai dit au sujet de… » commença à dire Zee en regardant Derek.

« Ouais, d’accord, je le ferai, » dit Stiles, ne voulant pas que Zee dise quoi que ce soit quand Derek pourrait l’entendre. Il était déjà gêné par tout cela et Stiles n’était pas d’humeur à expliquer cette facette particulière de la culture Fae, le fait d’avoir de multiples raisons pour faire quelque chose comme choisir un compagnon au lieu d’une seule comme à la télévision. Si Stiles avait appris quelque chose en regardant la télévision, c’était que les humains détestaient avoir de multiples raisons pour faire les choses, ils préféraient insister sur de simples motivations pures.

Non pas que Stiles aurait un problème à prendre Derek comme compagnon même s’il n’y avait pas de motivation politique. Il l’aurait fait malgré tout cela, mais il savait juste que les gens avaient des problèmes avec les multiples raisons sous-jacentes. Il décida à ce moment-là que si Derek n’en parlait pas, Stiles ne le mettrait jamais sous cette pression.

« Comment s’est passée ta conversation avec Adam ? » demanda Stiles en s’installant sur le siège de la Camaro. C’était en fait assez confortable.

Derek grogna.

« C’est bon, hein ? » demanda Stiles. Son cœur se serra un peu. Derek se battrait peut-être à ses côtés juste parce que Stiles faisait partie de la meute, mais ça aurait été bien d’avoir tous les loups-garous nord-américains comme alliés également.

« Adam m’a accueilli sur son territoire, » dit Derek. Il resta silencieux pendant un certain temps.

« On dirait qu’il y a un « mais » à cette déclaration. »

« Il était surtout intéressé à entendre parler de toi, » cracha Derek.

« D’accord, » dit Stiles après un instant.

« En particulier, notre relation, » poursuivit Derek, s’arrêtant devant un restaurant. Il sortit de la voiture et Stiles le suivit de près.

« Quoi à propos de notre relation? » voulu savoir Stiles

« Il voulait savoir si nous sommes dans une relation. »

« Eh bien, nous sommes amis. Tu es mon meilleur ami depuis que j’ai déménagé à Beacon Hills, » déclara Stiles.

Derek le regarda, un peu surpris. « Vraiment ? »

Stiles hocha la tête. « Tu ne le savais pas ? »

« Non, » dit Derek. « Je lui ai dit qu’on est amis et que tu fais partie de ma meute. »

« Il était fâché que tu ais ajouté un metalzauber à ta meute ? »

« Non, il était plutôt content de ça, » dit Derek. Il commanda pour lui et Stiles, et Stiles apprécia le fait que Derek savait ce qu’il voulait manger sans qu’il n’ait besoin de le lui dire.

« Alors pourquoi tu es en colère ? » demanda Stiles.

« Il a laissé entendre, assez fortement, que toi et moi devrions avoir une… relation plus intime, » dit Derek et Stiles fit presque un bruit stupide quand Derek se mit à rougir en buvant de l’eau pour s’occuper les mains.

« Oh, » dit Stiles en jouant avec le papier de son emballage de paille. « Eh bien, si ça peut te réconforter, Zee me dit la même chose. »

Derek releva les yeux pour le regarder. « Quoi ? »

« Mon père aussi, » dit Stiles. « Rupert ne semble pas être fan de cette idée. »

« Ton père ? » demanda Derek.

Stiles hocha la tête.

« Il n’est pas dérangé par toute cette histoire d’âge ? »

« Quelle histoire d’âge ? »

« Que j’ai huit ans de plus que toi. »

« On a le même âge, je veux dire, on est en fait assez proches en âge. Quand tu es à moins de cent ans de quelqu’un, la plupart des Faes considèrent qu’ils ont le même âge... » dit Stiles sans le regarder.

Derek le fixait, Stiles le savait sans même vérifier.

« Je suppose que c’est un écart d’âge assez important pour les humains, » dit Stiles en se demandant pourquoi il avait soudainement l’impression qu’il allait pleurer.

« Tu es fâché ? » demanda Derek, tendant la main vers l’autre côté de la table pour attraper celle de Stiles. « Est-ce que Zee a dit quelque chose qui t’a contrarié ? »

« Non, » dit Stiles. « Il y avait juste beaucoup de choses à prendre en compte… » Il s’essuya les yeux, souhaitant ne pas être soudainement aussi émotif. « Il y avait juste …beaucoup... »

C’était beaucoup et découvrir que Derek le considérait comme trop jeune pour être son compagnon était en quelque sorte le pire dans tout ça. Il pensait qu’il pourrait gérer ça si Derek était à ses côtés, mais l’idée d’avoir à faire face à tout ça tout seul était tout simplement effrayante. Derek était son ami, se rappela Stiles à lui-même, et il ne semblait pas qu’il allait partir juste parce qu’il ne trouvait pas Stiles attirant de cette façon. S’il attendait, peut-être que Derek le verrait comme un homme bientôt et peut-être même comme un amant plus tard.

« Stiles, ne pleure pas, » dit Derek. Il se leva et dit quelque chose à la serveuse qui hocha la tête. Elle regarda au-delà de son épaule pour jeter à Stiles un regard sympathique et elle se retourna pour repartir en cuisine.

Stiles ne pouvait pas supporter la sympathie des étrangers alors il rabattit la capuche de son sweat sur sa tête pour que personne ne puisse le voir pleurer. Derek prit la nourriture que le cuisinier avait mise dans un sac en plastique et il conduisit Stiles hors du restaurant et dans sa voiture. Il ne dit rien en rentrant à l’hôtel et il lui fit couler un bain.

C’était trop. Derek prenait tellement soin de lui et il savait qu’ils auraient été des partenaires fantastiques si seulement Derek lui donnait une chance, mais Stiles ne pouvait pas se remettre du fait qu’il le voyait comme un enfant.

Il s’assit dans le bain après avoir pleuré toutes les larmes de son corps derrière la porte fermée et se mit à rire de lui-même. Il était là, faisant face à une guerre entre Seelie et Unseelie, avec la plupart des Faes l’imposant comme leur général et il pleurait comme un petit enfant parce qu’un homme ne semblait pas s’intéresser à lui de la même façon. A quel point était-il stupide ? Stiles essaya de se convaincre qu’il n’y avait pas de quoi avoir le cœur brisé, d’ailleurs, il ne s’était jamais laissé penser à Derek de cette façon avant, alors il n’aurait pas dû agir comme si c’était la fin du monde.

Il sortit de la baignoire et Derek s’assura qu’il mangeait. Il n’avait pas très faim après tout ça.

« Qu’est-ce que Zee t’a dit ? » demanda Derek quand Stiles eut terminé.

« Il va y avoir une guerre. »

« Nous le savons tous, » dit-il en l’amenant sur le lit comme si Stiles était un petit enfant qui avait besoin de faire une sieste. Il fut surpris quand Derek s’étendit à côté de lui et attendit qu’il parle.

« Zee a dit que j’allais probablement devenir général. »

Derek hocha la tête. « Je sais. Les loups le savent. »

Stiles ferma les yeux. « Je ne veux pas de ça. »

« Personne ne veut la guerre, Stiles, » dit Derek et il commença à frotter le dos de Stiles avec sa grande main chaude. « Dors, on parlera plus quand tu te réveilleras. »

Chapter Text

Stiles mit du temps à se réveiller le lendemain matin. Tout était flou et il lui fallut quelques instants pour réaliser que lui et Derek s’étaient enroulés à nouveau l’un autour de l’autre dans leur sommeil. La cuisse de Stiles était accrochée autour de la hanche de Derek et les bras de Derek le tenaient fermement contre sa poitrine. C’était agréable et Stiles se sentait retomber dans le sommeil quand le téléphone sonna.

Derek gémit, une vibration qui fit rire Stiles, et il attrapa son téléphone et pour le tenir à son oreille. « ‘Lo, » dit-il et Stiles ferma les yeux en reposant sa tête contre la poitrine de Derek.

« Est-ce qu’elle va bien ? » demanda Derek, essayant de garder sa voix calme, mais ne réussissant pas vraiment.

Stiles ouvrit à nouveau les yeux, alerté par le loup-garou agité à côté de lui.

« Non, on arrive tout de suite, » dit Derek. Il raccrocha et tapota l’épaule de Stiles. « Allez, marmotte, on doit aller chez Mercy. »

Stiles résista à l’envie de simplement rapprocher Derek et s’assit en se frottant les yeux. Il se rendit compte de ce qu’il avait fait et il se mit à rougir. « Derek, je suis désolé... »

« Tout va bien, » dit Derek. « Les amis font ça. »

« Oh, » dit Stiles. « D’accord. » Il n’était pas tout à fait sûr de le croire, mais il n’avait pas vraiment d’expérience préalable avec des enfants de son propre âge pour débattre de ça avec lui, alors il laissa passer. « Que se passe-t-il ? »

« Le garage de Mercy a été attaqué la nuit dernière et Zee m’a appelé pour voir si on serait prêts à aider pour le nettoyage. »

« Attaqué ? Est-ce que c’était les Unseelies ? »

« On ne sait pas, » dit Derek, « C’était peut-être simplement un groupe haineux. »

Stiles fixa Derek, un peu surpris. Il avait entendu parler de groupes haineux humains, mais il n’en avait jamais fait l’expérience. Parfois, les Faes à Toad Suck disaient quelque chose en passant et les enfants au lycée de Beacon Hills chuchotaient entre eux, mais Stiles n’avait jamais été près d’eux.

Quand ils arrivèrent au garage de Mercy, il y avait beaucoup d’autres loups-garous déjà là. Ils regardèrent Derek et Stiles pendant un moment, mais seulement quand celui que Stiles supposa être Adam serra la main de Derek. Ils parlaient un peu et aidaient à redresser les choses à l’extérieur, des petites tâches qui ne nécessitent pas beaucoup d’efforts de la part de qui que ce soit pendant qu’ils présentaient Derek et Stiles aux autres loups-garous.

Ils s’arrêtèrent seulement quand une équipe d’informations télévisées vint interviewer Adam et Stiles fut surpris de voir que l’un des journalistes était un loup-garou. Ce loup-garou regarda fixement Stiles quand l’interview fut terminée et toutes les autres personnes avec lui devinrent très calmes quand elles réalisèrent que leur loup-garou était toujours en train de fixer Stiles.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda le loup-garou, mais Derek se tint devant Stiles, la tête baissée alors qu’il le protégeait de l’étranger. « A-t-il un visa ? » continua le loup-garou.

Stiles soupira et tira le petit cahier bleu de sa poche arrière. « Je suis autorisé à sortir pour cette visite, » dit-il et il montra le petit livre au journaliste.

Le journaliste le prit, puis regarda Stiles. « Tu es le Stilinski, »souffla-t-il, comme s’il regardait quelqu’un de célèbre.

Le reste de l’équipe de journaliste n’avait aucune idée de ce qui se passait, mais Derek prit le visa de Stiles des mains du gars avant de repousser Stiles dans le garage. « Tu dois rester ici, » lui murmura-t-il et Stiles était plus que disposé à obéir aux ordres de Derek dans cette situation.

Stiles chercha quelque chose qu’il pourrait faire. Il voulait aider Adam, qui apparemment avait une sorte de société de sécurité et installait des caméras, mais Adam lui dit qu’il s’était occupé de ça. Il y avait beaucoup de loups-garous à l’extérieur qui repeignaient sur les graffitis, mais Zee le traîna dans l’atelier et le laissa examiner tous les dommages causés à la machinerie à l’intérieur du garage.

Stiles ne dit rien du tout, il se mit juste au travail, manquant le regard étonné sur les visages de Zee et des autres loups-garous alors il tendait les mains et remettait toutes les machines en place, redressait les bosselures dans les véhicules et réparait les outils qui avaient été détruits, sans toucher physiquement à quoi que ce soit. Il s’approcha de l’équipement informatique, caressa les boîtiers métalliques et redressa l’électronique à l’intérieur, puis il commença le travail plus délicat de ramener tous les boulons et les joints dans leurs conteneurs, des centaines à la fois.

« Derek, » appela Zee de l’extérieur, mais Stiles était trop occupé à faire le ménage pour prêter attention. « Tu dois voir ça, » dit Zee quand le loup-garou arriva.

Stiles continuait sans l’écouter, à présent trop absorbé par la magie pour penser à autre chose.

« Stiles est jeune, alors il ne connaît pas ses limites, » expliquait Zee. « Quand il utilise tant de magie qu’il en perd son glamour, comme maintenant, tu dois lui faire reprendre ses esprits, sinon il va continuer jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. »

Stiles voulait corriger Zee, lui dire qu’il allait bien et qu’il avait juste besoin de faire quelque chose, mais à ce moment-là la magie le contrôlait vraiment.

Il pouvait dire que Derek était proche de lui, lui murmurant quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Il sentit les bras de Derek autour des siens, les ramenant contre sa poitrine pour que Derek puisse le bercer près de son corps et il leva les yeux vers le visage de Derek en écoutant le bruit des boulons qu’il faisait tinter sur le sol comme une pluie de clochette. « Je vais bien, » tenta de lui dire Stiles, mais sa voix lui semblait bizarre, même à ses propres oreilles.

Un autre loup-garou s’approcha en tenant un verre d’eau, mais Derek se transforma partiellement en grognant et en claquant des dents vers lui.

« Pas tant que son compagnon est affaibli, » dit la voix d’Adam.

« L’eau ne l’aidera pas de toute façon, » rit Zee. « Si vous pouviez allumer un feu et l'approcher de lui… »

« Je vais le faire, » dit Adam et Stiles entendit le son d’un gros baril de métal poussé près d’eux, puis il ferma les yeux contre le bruit du grondement de Derek. « Pourquoi dépenserait-il autant de magie ? »

« La mère de Stiles a été tuée dans un crime haineux, » spécula Zee. « Peut-être a-t-il de mauvais souvenirs associés à cela. »

« Stiles déteste quand le métal autour de lui ne fonctionne pas bien, » grogna Derek. « Ça le dérange. »

« Tu as dit que nous devions aider, » dit Stiles en ouvrant les yeux pour regarder Derek.

« C’est ce que j’ai dit, chéri. » Derek le regarda. « Mais pas comme ça. Juste un coup de main… »

Derek l’avait appelé chéri, pensa Stiles, et pour ça il ferait presque n’importe quoi. Il sourit à Derek, qui n’arrêtait pas de le fixer et Stiles réalisa qu’il n’avait toujours pas remis son glamour. Il se concentra pour redonner au ton de sa peau sa blancheur humaine, au lieu de l’or pâle qu’il savait qu’elle avait actuellement, se concentra pour retirer l’or jaune foncé de ses yeux, pour faire paraître ses cheveux courts au lieu de longs, hérissés et cuivre foncé. C’était un peu douloureux cette fois, mais il savait qu’il avait à nouveau l’air humain à la façon dont tout le monde se détendit autour de lui. Le feu près de lui lui faisait du bien et il le laissa réchauffer ses os.

Derek l’attrapa et commença à le ramener à sa voiture, mais Adam l’arrêta. « Il a nettoyé le garage de Mercy, lui a fait économiser beaucoup d’argent et beaucoup de peine pour qu’elle n’ait pas à voir ce qui s’est passé ici. Il n’a même pas attendu qu’on lui demande, » dit-il. « Quand il ira mieux, dis-lui que les loups-garous sont derrière lui. Nous suivrons un leader comme lui. »

Derek hocha la tête. « Je le ferai, » dit-il. Il remit Stiles dans sa voiture et les reconduisit à l’hôtel où ils allaient passer leur dernière nuit.

Stiles se réveilla après le coucher du soleil, clignant des yeux, seul dans le lit. Derek était assis à côté de lui à table, lisant un livre.

« Qu’est-ce que tu lis ? » demanda-t-il, curieux comme toujours.

Derek leva les yeux, surpris qu’il soit réveillé. « Abattoir 5, » répondit-il en remettant le livre dans son sac à dos et se dirigeant vers le lit où se trouvait Stiles. « Ça va ? »

« Ouais, juste vraiment fatigué. Je vais bien maintenant. »

« Je t’ai vu sans ton glamour, » dit Derek.

Stiles rougit. « Je suis désolé, cela a dû te faire peur. »

« Non, tu étais… Magnifique, » dit Derek en regardant ailleurs. « Est-ce que les Faes changent leur apparence pour que nous ne sachions pas à quoi ils ressemblent vraiment ? »

Stiles regarda les motifs sur la couverture de l’hôtel, décidant que c’était un peu laid. « La plupart des gens trouvent ça déconcertant. Ça leur rappelle que nous sommes différents et ce n’est jamais une bonne chose à faire avec les humains. »

« Tu n’as pas besoin de porter un glamour quand tu es avec moi, si tu ne le veux pas, » proposa Derek avec désinvolture.

Stiles sourit. « Je ne ferai probablement ça qu’avec mon compagnon. »

Derek hocha la tête. « D’accord. Eh bien, tu veux aller nager ? » changea-t-il de sujet aussi rapidement qu’il le put.

« Bien sûr, laisse-moi prendre mon maillot de bain, » dit Stiles. Il se souvint qu’il y avait des préservatifs dans le fond de son sac, heureusement, alors il fut prudent quand il sortit ses affaires. Il attendit que Derek soit dans la salle de bain pour se changer rapidement, puis il accrocha une des serviettes de l’hôtel autour de ses épaules.

Derek sortit de la salle de bain vêtu d’un maillot de bain en ayant l’air tout ridicule avec tous ses muscles et Stiles déglutit fort avant de le suivre jusqu’à la piscine de l’hôtel. C’était probablement quelque chose qu’il aurait dû prendre en considération lorsqu’il accepta aussi rapidement de nager avec quelqu’un qui ressemblait à… Eh bien, Derek.

Stiles était reconnaissant d’être entré dans l’eau en premier, parce que quand les cheveux de Derek dégoulinèrent et ne furent plus tout fait coiffés avec du gel, la façon dont l’eau colla ses cils ensemble, cela n’aida pas vraiment ce qu’il se passait dans le pantalon de Stiles. Ils firent quelques longueurs, se jetèrent de l’eau l’un l’autre et après que Stiles se soit convaincu qu’il était habitué à ce à quoi Derek ressemblait, ils luttèrent aussi dans l’eau. C’était comme une torture lente, être à moitié nu avec l’eau et l’odeur de Derek, qui n’était pas vraiment comme le chien mouillé comme ce que Stiles attendait. Non, c’était juste Derek et sexy, et Stiles avait vraiment besoin de bouger ou Derek allait comprendre ce qui se passait dans son pantalon. Il y avait des moments où il détestait être un garçon.

Ils se détendirent un peu dans la piscine avant d’aller s’asseoir dans le jacuzzi. L’eau était presque pécheresse contre son corps et Stiles trouva un jet à la hauteur parfaite pour le bas de son dos. Il pencha la tête en arrière pour se reposer contre le carrelage et après un moment de calme, il ouvrit les yeux pour trouver ceux de Derek fixés sur lui.

« Comment les Faes savent-ils qu’ils ont trouvé leur partenaire ? » lui demanda Derek.

« Quoi ? Oh, généralement, on leur dévoile notre nom assez rapidement, » dit Stiles. « Ou on veut être tout le temps avec eux. Ou parfois, on prend des décisions stupides lorsque notre compagnon est en danger. »

« Alors, ce n’est rien de définitif ? »

« Cela ne l’a jamais été. »

« Que pense les Faes de l’accouplement avec une autre espèce ? » demanda Derek, sa voix sonnant comme s’il n’était pas si intéressé et sa main jouant avec l’eau sortant d’un autre jet.

« Comme un humain ? » questionna Stiles, se demandant si Derek voulait savoir pour les Faes et les loups-garous, mais trop effrayé pour lui demander carrément.

« Un humain, un vampire ou peut-être un loup-garou, » dit Derek en ne le regardant pas du tout.

« Si ce sont des compagnons, quel est le problème ? » dit Stiles et il savait que son cœur battait un peu plus vite.

Derek le remarqua et fronça les sourcils. « Peut-être qu’on devrait sortir du jacuzzi. Tu n’es peut-être pas encore assez en forme pour rester assis ici. »

« Je vais bien, » dit rapidement Stiles.

« Combien de personnes connaissent le vrai nom d’un Fae ? » demanda Derek.

« Pour la plupart des Faes, seulement leurs parents et leur compagnon. Certains Faes font des choses stupides et font connaître leur nom à d’autres qui ne sont pas leur compagnon, même s’ils le voudraient, et ainsi tout le monde connaît leur vrai nom. Comme Rumplestiltskin, parce que les humains transmettent ces connaissances afin qu’il ne puisse plus blesser personne. »

« Donc, le fait que je connaisse la première initiale de votre nom… »

Stiles rougit. Derek leva les yeux et le vit, et Stiles jura que Derek savait que Stiles le considérait comme son compagnon. « Je veux dire, » se surprit à dire Stiles. « Ce n’était pas intentionnel, c’est arrivé en quelque sorte. Et je n’essayais pas de t’imposer quoi que ce soit, je n’ai pas réfléchi et… »

« Stiles, » dit Derek en se levant lentement pour que l’eau chaude coule le long de son corps absurde et empêche Stiles de regarder quoi que ce soit d’autre. « Retournons dans la chambre. On devrait dormir avant de retourner à Beacon Hills. »

Il hocha la tête, reconnaissant que Derek n’insiste plus sur ce sujet.

Stiles attendit son tour pour la douche et quand il fut propre, il s’installa de son côté du lit. Il ne protesta pas du tout quand Derek le tira dans ses bras et il se blottit fermement contre l’autre homme.

Il était presque endormi lorsqu’il entendit Derek murmurer, « Quel est ton vrai nom, Stiles ? »

« Przemysław Genim Stilinski, » marmonna-t-il dans la poitrine de Derek. Il sentit le cœur de Derek sauter un battement, mais puisqu’il le tira plus près et embrassa son front, Stiles ne s’en soucia pas. Il s’endormit.

Il se réveilla avant Derek et il se laissa regarder le loup-garou pendant un moment. Dans son sommeil, il avait l’air un peu différent, mais pas trop. Il ne portait pas beaucoup de vêtements, mais Stiles était d’accord.

Il n’avait aucune idée depuis combien de temps il le regardait quand les yeux de Derek s’ouvrirent, l’air inquiet jusqu’à ce qu’il réalise que c’était juste lui et qu’il sourit au fae. « Bonjour, » murmura Derek en tendant la main pour rapprocher encore Stiles de lui.

Stiles n’était pas du tout opposé à la façon dont Derek était câlin, alors il apprécia d’être tiré plus près de ce corps chaud. Ses mains étaient enroulées autour des épaules de Derek et son visage pressé contre sa poitrine. Il était un peu triste qu’ils ne puissent plus partager un lit après ça, parce qu’il pensait qu’il était sérieusement accro au fait d’être si proche de Derek.

« Derek, » dit Stiles.

« Hm ? »

« Est-ce que je t’ai dit mon nom hier soir ? »

« Oui, c’est ce que tu as fait, » dit Derek en se rapprochant de Stiles. « Maintenant, je suis coincée à être ton compagnon que ça te plaise ou non. »

Il sourit contre le torse de Derek, se sentant étourdi et stupide en même temps. « Je serais presque désolé pour toi d’être coincé dans cette position, » rit Stiles.

« C’est un fardeau difficile, » acquiesça Derek. Stiles le chatouilla, le faisant rire et Derek lutta contre lui dans le lit, se penchant sur lui. « Viens ici, » dit-il.

Stiles le fit et Derek l’embrassa doucement sur la bouche. Il se blottit dans le cou de Stiles, le serrant un instant avant qu’ils ne sortent du lit. « Je t’embrasserais mieux que ça, mais tu sais, le dentifrice est mon ami, » dit Derek.

« Tu m’en dois un, » dit Stiles en regardant Derek qui lui souriait.

« J’en ai de la chance, » Derek n’arrivait pas à s’empêcher de sourire. Ils se brossèrent les dents et enfilèrent leurs vêtements, se bousculant et jouant ensemble.

Ils emballèrent leurs affaires et les chargèrent à l’arrière de la Camaro. Stiles ne se souvenait pas de ce dont ils parlèrent sur le chemin du retour, mais il se souvenait de beaucoup de rires. Si Stiles avait su que ce serait la dernière fois que Derek serait aussi détendu, il aurait essayé de faire plus d’arrêts sur la route pour faire traîner les derniers instants de leurs balbutiements. Ils s’apprécièrent juste l’un l’autre, être en présence de l’autre était tout ce dont ils étaient conscients à ce moment-là.

En se rendant à la maison de Stiles, ils remarquèrent qu’il y avait quelques voitures de plus à l’extérieur. « Je me demande si papa a une autre réunion, » réfléchit Stiles à haute voix.

Derek tendit la main vers lui pour un autre baiser léger avant de le raccompagner jusqu’à sa porte d’entrée. Ils ne s’étaient pas vraiment embrassés, pas comme Stiles le voulait, mais il se contentait d’attendre le bon moment. Stiles ouvrit la porte et entra chez lui en plaisantant avec Derek juste derrière lui.

Il y avait une vingtaine de personnes à la maison Stilinski, toutes de races différentes de créatures surnaturelles. Derek et Stiles leur passèrent devant pour atteindre la cuisine où le père de Stiles se tenait avec Rupert. Le shérif regarda Stiles, puis ses yeux glissèrent vers Derek et il eut l’air si triste que Stiles le ressenti physiquement. « Derek, » dit le shérif et Stiles reprit instinctivement la main de Derek. Il vit que Rupert mordait sa lèvre inférieure et ne regardait même pas leurs mains, il avait l’air d’avoir le cœur brisé juste en voyant le visage de Derek.

« Que s’est-il passé ? » demanda Derek, sa main serrée autour de celle de Stiles.

« Derek, il y a eu une attaque, » commença le shérif. « Nous n’étions pas au courant avant qu’il ne soit trop tard, alors nous n’avons pas pu aider… »

« Qui ? » souffla Derek, son cœur battant si vite que Stiles eut peur pour lui.

« C’était… c’était toute ta famille. Il n’y a pas de survivants. »

« Qui a fait ça ? » demanda Derek, qui semblait en colère.

« Les Unseelies se sont libérés, » annonça Rupert et Stiles savait que Derek aurait été énervé contre lui pour avoir parlé si Rupert n’avait pas l’air si effrayé.

« Non, » dit Stiles. « Je n’ai rien fait... »

« Ce n’est pas de ta faute. » Derek le regarda. « Tu nous as gardés en sécurité… »

Stiles était blessé, il était blessé pour Derek et Derek essayait d’être fort devant tous ces étrangers dans la cuisine de son père. Ça n’avait aucun sens.

« Asseyez-vous, » dit le shérif. « Il y a beaucoup de choses dont nous devons parler. »

Chapter Text

Stiles retourna chez Derek avec lui cette nuit-là. Son père ne sourcilla même pas quand il monta prendre de quoi changer de vêtements et ramena son sac à la Camaro.

Derek était presque comme un zombie ambulant après la conversation qu’ils avaient eue. Le Shérif essaya de le nourrir, mais il ne pouvait pas manger et Stiles non plus. C’était trop dur d’y penser, mais Rupert chargea de la nourriture dans la voiture de Derek pendant qu’ils parlaient pour que Stiles sache qu’on s’occuperait d’eux.

Il tira Derek jusque dans la maison, fit couler un bain pour lui, l’y installa et pendant qu’il était en haut dans l’eau chaude, il décharga la voiture et la nettoya un peu de la saleté du voyage. Il rangea la nourriture dans le frigo et vérifia la maison pour s’assurer que rien n’avait été endommagé pendant leur absence, puis il retourna à l’étage pour sortir Derek de son bain.

Il était encore assis là, alors Stiles lui lava les cheveux et le savonna à peu près correctement avant de le rincer et de le mettre au lit. Il tira les couvertures autour de Derek, qui cligna finalement des yeux et attrapa son bras avant qu’il ne s’éloigne. « Ne me laisse pas, » gémit-il.

« Ne t’inquiète pas, » dit Stiles en s’approchant pour l’embrasser sur le front. « Je vais bientôt me coucher. Je veux juste changer de vêtements et faire quelques petites choses en premier, d’accord ? »

Il hocha la tête, craignant que Stiles ne disparaisse s’il le quittait des yeux. Alors il ne quitta pas la pièce sauf pour s’assurer que la Camaro était dans le garage et ensuite pour verrouiller les portes d’entrée. Il remarqua que Derek se rallongea dans le lit dès qu’il entra dans la chambre et il savait que Derek devait l’écouter se déplacer. Stiles changea de vêtements dans la chambre, se brossa les dents avec la porte de la salle de bain ouverte et alla même aux toilettes de cette façon même si cela fit rougir ses joues. Il sortit son ordinateur et envoya un e-mail à Zee, puis il rampa dans le lit près de Derek.

Derek enroula ses bras autour de la taille de Stiles et posa la tête sur son torse. Il n’avait toujours pas pleuré, Stiles le savait, mais cela viendrait bientôt. Il espérait plus tôt que tard, car plus tard, il n’y aurait plus que la guerre et les combats. Qu’ils le veuillent ou non, les Unseelies allaient payer pour ce qu’ils avaient fait à son compagnon. Stiles n’était même pas celui qui les avait enfermés et ils avaient choisi de l’attaquer. C’était une décision stupide de leur part.

« Stiles, » dit Derek. « Est-ce que c’est réel ? Est-ce que c’est vraiment arrivé ? »

Stiles ne répondit rien du tout. Il tourna le visage de Derek vers le haut et embrassa ses lèvres, lentement et doucement. Derek ouvrit la bouche contre celle de Stiles et le baiser s’intensifia. Leurs lèvres glissaient l’une contre l’autre, les langues se caressaient lentement, les dents mordaient. Les mains de Derek se levèrent pour bercer son visage et Stiles enroula ses bras autour de lui en glissant ses doigts à travers ses épais cheveux noirs.

« Enlève ton glamour, » lui dit Derek et Stiles le relâcha avec un soupir contre la bouche du loup. Il se concentra alors sur rien d’autre que Derek, sa bouche ne laissait échapper aucun bruit à part un souffle haletant, ses mains caressaient sa peau, cherchant à le réconforter, à repousser toutes pensées qui ne seraient pas Stiles.

Derek gémit dans son cou et Stiles sentit des larmes sur sa peau. Il tira son loup plus près de son corps, espérant que la chaleur qu’il y trouvait le réconforterait. Il sanglota contre son cou et son épaule, et Stiles lui murmura quelques mots réconfortants, mais il fallut un certain temps avant qu’il ne se calme et ne se laisse se reposer un peu de cette tragédie. Il s'endormit et Stiles se sentit soulagé pour lui, parce que c’était trop de douleur à gérer pour une seule personne. Il était heureux d’avoir perdu sa mère avant d’avoir des souvenirs significatifs d’elle, parce que la connaître avant de la perdre aurait été bien pire.

Stiles se réveilla en entendant des gens dans la maison et il sortit du lit en attrapant les armes qu’il avait apportées avec lui de la maison de son père. Il descendit les escaliers, ses pas aussi légers que la neige, son épée et son poignard détendus contre ses côtés.

Dans le salon, Jackson, Danny, Scott, Allison et Lydia étaient assis. Ils regardèrent Stiles avec les larmes aux yeux et Stiles se détendit.

« Qu’est-ce qu’on va faire ? » murmura presque Jackson.

« On sera là et quand ils reviendront, on sera prêts, » déclara Stiles.

« C’est vraiment la guerre, n’est-ce pas ? » demanda Lydia.

« Oui, » dit Stiles en essayant de ne pas se sentir responsable. Il aurait aimé savoir ce qu’il avait fait pour briser le Sceau. Il souhaitait pouvoir le défaire, peu importe ce que c’était, pour que Derek ne subisse pas toute cette douleur.

« Est-ce qu’il va bien ? » Allison interrompit ses pensées.

« Non, » dit Stiles. « Mais il dort et je veux le laisser tranquil pour le moment. » Il posa ses armes sur la table basse du salon et se rendit dans la cuisine. Il devait s’occuper, faire quelque chose parce que ne rien faire n’était pas une option. Il comprenait enfin l’expression des soldats humains « Dépêche-toi et attends » et c’était détestable.

Stiles mit de côté une partie de la nourriture qu’il avait faite pendant qu’il faisait manger le reste de la meute. Il savait que Derek n’aurait pas faim, mais il avait besoin de manger pour garder ses forces. Il l’apporta en haut pour poser l’assiette à côté du lit afin que Derek puisse en avoir à son réveil.

Cependant, Derek était déjà sorti du lit et Stiles regardait avec une certaine confusion. « Derek ? Tu peux te rendormir... »

« Je ne peux pas, » dit Derek en enfilant son pantalon. « Nous sommes en guerre. Il y aura du temps pour dormir plus tard. Maintenant, nous devons faire des plans. »

Stiles hocha la tête, puis choisit un t-shirt pour Derek. Il s’habilla sans discuter, se rendit dans la salle de bain pour se brosser les dents et faire sa toilette. Il étreignit Stiles un instant avant de prendre sa nourriture et de descendre. Il mangea pendant que le reste de sa meute sortait des carnets, des crayons et des stylos, parce qu’il allait devoir faire quelques listes.

La sonnette retentit et Stiles regarda par le judas avant d’ouvrir la porte. Il fixa avec une certaine confusion Erica et deux personnes qui devaient être ses parents. Il y avait trois autres enfants derrière elle, mais Erica était la seule que Stiles connaissait.

« Tribut, » dirent ses parents en la poussant dans les bras de Stiles. « Elle fera un bon loup-garou. »

Stiles ne put même pas demander ce qui se passait avant qu’ils ne se retournent et partent, laissant une Erica très nerveuse dans ses bras.

« Quoi ? » demanda Derek de la table de la salle à manger, mais ils furent interrompus par Rupert qui apparut sur les marches du perron.

Il regarda Erica et hocha la tête. « Les humains se souviennent. Bien, » dit-il. « Cela facilitera les choses ».

« De quoi tu parles ? » lui demanda Stiles.

« Il y a une guerre surnaturelle qui se prépare, » dit Rupert. « Les humains savent qu’ils ne sont absolument pas équipés pour combattre quelque chose comme ça. Ils rendent hommage aux clans de loups depuis des temps immémoriaux en espérant que nous puissions garder les monstres sous leur lit. » Rupert poussa Erica vers Derek. « Tu dois rendre ta meute plus forte, loup. Donne-lui la Morsure. »

Derek fixa Erica, qui le regarda sans grande émotion. « Est-ce que tu le veux ? » demanda-t-il.

« Oui, » dit Erica, en ayant l’air juste un peu effrayée.

Il hocha la tête et Stiles essaya de ne pas se sentir jaloux alors qu’il s’agenouillait devant elle, froissant son t-shirt afin qu’il puisse mordre le côté de son abdomen.

Le sang coula et Erica haleta de douleur. Mais la morsure était précise et saine, et comme Derek était le seul Alpha dans un rayon de 80 kilomètres, elle commença à prendre immédiatement.

Allison et Lydia emmenèrent Erica en haut dans une pièce où elles attendirent sa transformation avec elle. Stiles espérait qu’elles lui diraient des choses gentilles, parce qu’il ne savait pas ce que ça faisait.

La sonnette retentit de nouveau et cette fois Stiles et Rupert accueillirent un géant de glace. « Je suis venu jurer fidélité, » dit la créature et il présenta à Stiles un enfant de six ans enveloppé dans une couverture blanche. « Le nom de mon enfant est Isaac, » dit la créature. « Il est à toi aussi longtemps que tu auras besoin de lui. Moi et les miens serons vôtre aussi longtemps qu’il sera vivant et sous vos soins. »

Rupert connaissait les formalités associées à ce geste. « Nous voyons que vous apportez un tribut et nous l’élèverons au rang de guerrier. Nous vous guiderons comme nous guiderons votre fils, avec amour, confiance et connaissance. Nous ne faisons qu’un. »

Stiles tenait l’enfant dans ses bras, qui le fixait avec des yeux bleus parfaitement innocents et des boucles blondes jaillissant de sa petite tête. Il leva les yeux vers le géant de glace qui lui avait présenté Isaac et le géant de glace jeta un dernier regard sur son enfant avant de se retourner et de s’éloigner.

« Rupert, » souffla Stiles.

« C’est la guerre. Les mots peuvent être oubliés. Le papier peut être détruit. Tu sais comment les Faes perçoivent ces choses, » dit Rupert en regardant Stiles. « Une vie est précieuse et ça te le rappellera à chaque instant. Tu mènes ces clans au combat et ils veulent que tu aies un rappel constant de ce que tes décisions laisseront derrière toi. »

Comme si Stiles ne le comprenait pas déjà. Il se souvint cependant d’Isaac et entreprit de le nourrir à la table de la salle à manger avec les plans de bataille éparpillés en travers.

« Comment est-ce qu’on va prendre soin d’un enfant, Stiles ? » lui demanda Derek.

« On le fera, » déclara Stiles avec un certain niveau d’obstination. « On a pas le choix. »

Quand la sonnette retentit de nouveau, cette fois avec un esprit de sable, Stiles était plus préparé. Il prit l’enfant de huit ans à la peau foncée, Boyd, et l’installa à table avec Isaac pour lui donner à manger. Il se rappela qu’Isaac et Boyd étaient meilleurs amis et qu’ils trouveraient probablement du réconfort l’un avec l’autre.

« Qu’est-ce qu’un esprit de sable ? » demanda Derek.

« Ils viennent d’Afrique, bien que la famille de Boyd soit aux États-Unis depuis au moins huit générations. Ils peuvent appeler le sable comme je le fais avec le métal et ils peuvent le former en verre incassable. Ils sont puissants, calmes et aiment la paix. Il y a des histoires sur la façon dont ils ont fait des villes entières à partir du verre seulement avant que ce ne soit détruit par les envahisseurs, » résuma Stiles en se remémorant le vieux conte folklorique africain.

Derek hocha la tête en fixant Boyd et Isaac.

La dernière fois que la sonnette retentit ce matin-là, Stiles ne reconnut pas du tout l’homme qui se tenait sur le seuil.

Ce n’était pas tous les jours que Stiles voyait un Amérindien. Celui-ci se tenait seul à la porte, il ne portait que deux morceaux de tissu rouge liés à ses hanches par des ficelles et des mocassins hauts jusqu’aux genoux, lourds de franges. Ses cheveux raides allaient jusqu’à sa taille et son visage laissait transparaître une acceptation calme de son environnement et ses anciennes connaissances.

« Salutations, » dit Stiles, faute de mieux.

L’homme le regarda en inclinant la tête. « Tu es le Stilinski ? »

« Oui, » dit Stiles en le fixant.

« Je suis Tokala. Je suis venu t’aider à te battre. »

« S’il te plaît, entre, » dit Rupert en respirant profondément son odeur. C’était comme l’ozone, pensait Stiles, l’ozone et autre chose qu’il ne pouvait pas identifier. Peut-être la pluie mélangée avec le parfum chaud des plumes. « Ce n’est pas souvent que les autochtones de ce pays nous envoient un de leurs dieux. »

Tokala rit. « Je ne suis pas un dieu, » dit Tokala et sa voix était très profonde comme le tonnerre. « Je suis simplement un vieil oiseau. »

« Oiseau-Tonnerre, » souffla Stiles. Il n’en avait jamais rencontré et en savait encore moins sur eux que sur les humains.

« Wakinyan, » approuva Tokala. « Je suis simplement wakinyan. Vos anciens ont envahi ma patrie. On m’a demandé de venir et d’aider. »

Stiles hocha la tête, fixant l’homme. Il lui fit signe de se mettre à l’aise à table, où tout le monde le regarda un instant. L’homme semblait heureux et réservé, donc après un certain temps Stiles retourna à la planification avec Derek. « Qui t’as dit de venir ? » demanda Stiles.

« Le sorcier du président, » dit Tokala, se servant dans les plats de nourriture à table. « As-tu appris à cuisiner dans le Sud ? »

« Oui, » dit Stiles. « J’ai grandi dans l’Arkansas, à Toad Suck. »

« Ça fait sens, » dit M. Tokala. « C’est ridiculement bon. »

Derek sourit alors et Stiles fut ravi de le voir. « Le président a un sorcier ? » demanda Stiles.

« Depuis Kennedy, c’est une tradition. »

« Eh bien, » dit Stiles. « C’est intéressant. »

La conversation se stoppa quand Allison et Lydia descendirent les escaliers. Elles regardèrent fixement les nouveaux ajouts et Boyd et Isaac commencèrent à suivre Lydia partout dans la maison.

« Alors que peux-tu faire ? » demanda Stiles.

« Je suis un oiseau-tonnerre, » dit Tokala. « J’ai combattu des dragons dans le ciel, je peux contrôler la foudre et le tonnerre… »

« Tu as combattu des dragons ? » demanda Rupert, qui regardait de façon sceptique la stature mince de la créature devant lui.

« Oui, j’ai combattu Unchekula, le dragon qui vit dans la rivière du Missouri. » 

« Il y a un dragon dans le Missouri ? » demanda Rupert, surpris.

Tokala inclina la tête vers lui. « Tu sais qu’il y a des dragons amérindiens, n’est-ce pas ? Je veux dire, je sais que vous, les Européens, pensez que tout a commencé et s’est terminé avec vous, mais vous êtes conscients qu’il y a d’autres cultures qui ont leur propre expérience avec notre espèce ? »

Rupert sembla en colère. « Je le saurais s’il y avait d’autres dragons… »

« Nous gardons Unchekula scellé dans la rivière. Il cherche à tout détruire. Il y a aussi un dragon qui vit au sud, près de Mexico. Les tribus là-bas ont taillé son portrait dans une partie de leur architecture. Tu pensais que tu étais le seul ? »

« Y a-t-il des loups-garous ? » demanda Derek.

Tokala eut l’air triste pendant un instant. « Le dernier des Shungmanitou a été tué à Wounded Knee en 1890. Les soldats américains ont découvert que leur première mitrailleuse était opérationnelle lorsqu’ils ont ouvert le feu sur les femmes et les enfants du camp de Wounded Knee. Les loups qui y ont perdu leur famille sont allés faire la Longue Marche après avoir découvert que les mots et les papiers ne signifiaient rien pour le gouvernement américain. »

Derek regarda Tokala pendant un moment.

Tokala hocha la tête. « J’ai entendu dire que la même chose t’es arrivée, causée par les Unseelies. »

Derek acquiesça.

« Ne fais pas ce que mon peuple a fait, Derek de la Famille Hale. Ne baisse pas les bras pour t’abandonner dans la tristesse. Ça va faire mal maintenant et ça le doit parce que ça veut dire que tu es un homme bon, mais n’abandonne pas à cause de la douleur. Honore leur mémoire avec la guerre et montre-leur que faire une telle chose ne sera jamais acceptée, car une fois qu’ils penseront que tu es affaibli, ils n'arrêteront pas avant que toi et tous ceux que tu chéris ne soient anéantis. »

« Je n’arrive pas à croire que tu suives des ordres basés sur ce qu’a dit le sorcier du président, » dit Derek.

« C’est l’amant de mon cousin, » répondit Tokala en haussant les épaules. « J’ai vécu beaucoup de choses avec lui. Je le suivrais en enfer s’il laissait entendre qu’il m’y veut à ses côtés. »

Stiles hocha la tête. Il savait ce que ressentait Tokala en regardant Derek. Derek vit Stiles le regarder et il fit un geste vers les cartes et les plans de bataille qui étaient disposés sur la table.

« Comment sait-on quand et où ils vont attaquer ? » demanda Stiles. « Comment sait-on où ils sont maintenant ? »

« C’est là que j’interviens, » déclara Tokala. Il se leva et s’approcha de la porte. « Je vais faire du repérage et revenir avec des informations, » dit-il en ouvrant la porte et son corps se sépara en un millier de corbeaux prenant leur envol en battements silencieux.

« Le président nous connaît, » souffla Stiles. « Il a envoyé le garde du corps de son Sorcier. »

Derek acquiesça, mordant sa lèvre inférieure alors qu’il pensait. « C’est plus important que l’attaque contre ma famille. »

Rupert regarda Derek. Il regarda Stiles et son visage ne s’adoucit qu’un instant. « Ils ont attaqué la famille de Derek parce qu’ils savent que le meilleur moyen d’énerver un métalzauber est d’attaquer son compagnon. Comme Derek n’était pas là, ils ont pris ce qui s’en rapprochait le plus. »

La culpabilité de Stiles aurait pu remplir l’océan Pacifique.

« Non, » grogna Derek en rapprochant Stiles de lui. « Je n’en blâme que les auteurs, pas toi. Ils ont choisi de faire ça pour t’atteindre, tu n’as pas du tout causé tout ça. Tu n’as pas pris la décision de faire du mal à quelqu’un d’autre, tu n’aurais jamais pris une telle décision. »

« N’en sois pas si sûr, » l'avertit Stiles. « Je ne serai pas miséricordieux dans ma vengeance. »

« Tu le seras, » dit Derek en toute confiance. « Tu va les enfermer à nouveau en Faerie, même si tu pourrais avoir à en tuer beaucoup pour le faire. Tu ne feras pas de mal aux innocents dans cette guerre parce que je te connais, Stiles. » Derek lui caressa les bras et il les enroula autour de son dos, le tirant plus près de son torse. Il resta ainsi un moment avant que Stiles n’enroule ses bras autour de Derek également. C’était le seul réconfort que Stiles voulait, mais quand le reste de la meute se jeta dans un câlin général, il se rendit compte que ça ne le dérangeait pas vraiment.